lundi 5 juin 2017

LES DROLES D'OISEAUX DU PARC DES ULIS.

Pour quelqu'un comme moi qui observe la gent ailée du parc des Ulis depuis 2009, les occasions ne manquent pas d'être surpris par certains phénomènes inattendus ou certains comportements d'oiseaux quelque peu incongrus...
J'ai jugé utile de réunir sur cette page les cas les plus pittoresques, révélés précédemment au fil de mes "chroniques du parc des Ulis".

                                    * LA GALLINULE ALPINISTE:

La gallinule, ou poule d'eau, vit le plus souvent au ras du sol, ou de l'eau; elle niche en général dans des endroits discrets situés au bord des berges, dans des arbustes ou des anfractuosités rocheuses,  . Quelle ne fut pas ma surprise, donc d'apercevoir un jour une gallinule sautant avec agilité de branche en branche pour gagner le nid qu'elle avait installé quasiment au sommet d'un arbre surplombant l'étang!
Qu'allait-il se passer quand les petits naîtraient? Ne risquaient-ils pas de se tuer en tombant de cette hauteur? Et après avoir quitté le nid, comment feraient-ils pour s'y réfugier à nouveau, comme font tous les oiseaux aquatiques?.
                                                        LE RECIT EN IMAGES:
                                                             
                                                                    7/5/17:


J'avais déjà aperçu la femelle gallinule en train de s'élever dans l'arbre pour aller construire son nid en hauteur. Aujourd'hui je surprends le mâle  en train de procéder à la même ascension avec une dextérité tout aussi étonnante...Il tient dans son bec sans doute de la nourriture pour sa compagne (ou ses petits?)

                            On aperçoit le nid en haut, et M. Gallinule qui s'en approche.

           On aperçoit ici Mme Gallinule au nid. Monsieur lui est redescendu pour poursuivre sa quête.

                                                                    30/5/17:

Je m'étais donc dit que percher un nid si haut dans un arbre, pour une gallinule, cela poserait problème: eh bien ça n'a pas manqué! J'ai en effet pu le constater aujourd'hui...


Mon attention, à proximité de l'arbre où le nid des gallinules est perché, est attirée par des cris d'angoisse venus du sol; c'est- alors que je découvre une gallinule apeurée qui pourtant ne semble pas vouloir bouger: est-elle blessée?

Lorsque je m'approche, elle s'écarte et je découvre qu'elle protégeait de son corps un petit peut-être prématurément tombé de l'arbre, peut-être blessé aussi, ou meurtri? On aperçoit ci dessus le petit qui cache sa tête sous une feuille...

Ici on distingue sa tête. Je me suis éloigné et , de loin, j'ai vu que le petit rejoignait sa mère dans un endroit plus discret; il pouvait donc quand même se déplacer.

Les jours suivants, je suis repassé près de l'arbre: je n'ai pas revu ces gallinules et il semble qu'il n'y ait plus de signe de vie dans le nid... Mystère!

* LA FOULQUE NEVROSEE?

Première incongruité: une foulque fait son nid, plutôt  maigrichon d'ailleurs, au pied d'un arbre, et qui plus est en public, à un endroit très fréquenté des êtres à deux et quatre pattes! Je la croyais paresseuse, ne se donnant pas la peine de chercher un lieu plus protégé, mais n'est-elle pas finalement névrosée?


 On la voit ici en train de couver au pied d'un arbre, ce qu'elle fait depuis longtemps déjà, et au premier plan le mâle veille, prêt à agresser tout importun qui se présenterait...comme font tous les couples de foulques.



                   Quand je repasse un peu plus tard... LE NID EST VIDE! Pas le moindre œuf !


Plus tard encore, Madame s'est réinstallée sur le nid imperturbablement!
Donc , elle simule!
Quelqu'un m'a dit avoir vu le nid détruit il y a quelques jours. Et donc peut-être les œufs? Et madame Foulque ne se résignant pas à ne pas être mère, continuerait à couver... des BRANCHES!

Plus tard, elle a finalement abandonné cet emplacement, et a transporté son maigre nid un peu plus à l'écart, au pied d'un autre arbre... et re belote ! Elle a recommencé à couver un nid vide !
Plus tard, je l'ai un peu perdue de vue. Puis je n'ai plus trouvé aucune trace de nid.

IMAGES: 30/5/17.

   * LE HERON PERVERS...
19/4/17:

Premières naissances au parc des Ulis: je découvre une merveilleuse famille toute nouvelle :


Une mère cane est entourée de 9 canetons nouveaux- nés, pas moins!

Le spectacle est adorable!

Trognon celui-ci, non?

26/4/17:
Une semaine plus tard, au même endroit, j'assiste à un drame:

Un héron s'est trop approché de ses petits, et la cane lui "vole dans les plumes", au sens propre. Le héron s'enfuit mais visiblement il a une proie dans le bec !





On voit ici la cane charger le héron, mais dans le bec de celui-ci, c'est bien la silhouette d' un malheureux caneton  que l'on distingue!



Une fois sa proie ingurgitée, le héron reste posté sur la rive d'en face, attendant sûrement une autre occasion...
Un héron mange des poissons, ou des grenouilles. Je découvre que cet échassier peut s'en prendre aussi aux canetons nouveaux-nés, qui, il est vrai, ne sont pas plus gros que des grenouilles!
Un héron paresseux, qui s'évite la peine de pécher? Ou un héron pervers?





C'est alors que je m'aperçois que la pauvre mère cane n'a plus que 4 canetons, sur les 9 du début. Tous les nouveaux- nés ne restent pas en vie, c'est certain. Et toutes les disparitions ne sont sans doute pas dues à un carnage perpétré par le héron. Mais il  a à coup sûr pris sa part!



Ces quatre là elle va les garder; à coup sûr, ils vont grandir!

*DES COLVERTS .... BLANCS!

*JUILLET 2016 : LA COUVEE INATTENDUE!

Je découvre  à cette époque une couvée de 5 canetons colvert dont 2 sont jaunes! Inédit au parc!






Entre frères...

Est-ce le fruit d'un croisement? Mais avec quelle race?

Ou alors de quelle aberration génétique est-ce le fruit?


* Début AOUT....

Je retrouve la curieuse couvée...



Les minuscules canetons jaunes sont devenus des canards blancs! Des colverts blancs, donc! Leurs frères classiques prennent peu à peu leur aspect de jeunes colverts. Ils ne se quittent pas. La mère (à droite) veille toujours sur eux.

Renseignements pris , ces canards blancs pourraient l'être en raison d'une anomalie génétique, le leucisme, qui empêche la pigmentation du plumage. En revanche ils ne sont pas albinos, car ils auraient les yeux rouges. Leur anomalie (si elle est véritable) ne les empêche pas d'être étonnamment gracieux,


Février 2017: je constate que les deux colverts blancs, toujours là, restent maintenant constamment ensemble, inséparables (c'est le surnom qu'on leur donne, avec certains amis de  Facebook), et leurs frères "classiques" ne les accompagnent plus. Ostracisme dû à la différence? Le racisme existerait-il chez les canards?




* AVRIL 2017:



  Prise de conscience!

A la suite d'un commentaire d'une internaute à propos de photos de mes "inséparables", je prends conscience qu'ils sont frère et sœur!  En effet ma correspondante m'apprend que le mâle se distingue par une sorte de double virgule au niveau de la queue, alors que la femelle n'a pas ce signe distinctif!
Mais du coup je comprends aussi qu'ils forment un petit couple, comme on en voit beaucoup dans les parcs chez les colverts! Un couple incestueux, alors! La Nature ne s'embarrasse pas de ce tabou apparemment!
Pour l'instant ils n'ont pas de petit, en tous cas. Peut-être sont-ils trop jeunes? A moins que le couple soit stérile...

                              Voici le mâle, et en effet il a une (double) virgule au bout de la queue.
Et voici la femelle, qui, elle, n'a pas cette " double virgule".


* MADAME CANE ET SES DEUX MARIS.

Il semble que dans la Nature, en tous cas chez les canards, il existe des types de familles aussi variés que chez les humains. A côté du modèle classique: Monsieur, Madame, et les enfants, la famille monoparentale est également repérable: Monsieur, après avoir procréé, a pris le large, laissant Madame se débrouiller toute seule avec sa progéniture. Le cas de figure le plus original que j'aie pu repérer au parc des Ulis est le suivant: Madame, ses enfants, et ses deux maris!

Nous retrouvons ici la cane aux neuf canetons dont nous avons parlé ci-dessus. Observons la scène: sans doute échaudée par certaines agressions, la cane ici est en train de charger un colvert mâle (à droite) indésirable, car il s'approche de ses petits. On remarque sur la gauche deux beaux colverts mâles, qui ici assistent à la scène en spectateurs tout en faisant tout de même du bruit! J'ai un bon moment observé cette petite troupe. D'une part, les deux beaux garçons ne quittent pas d'une semelle la mère cane, mais ils font eux aussi à l'occasion le coup de bec contre les intrus. Je les ai vus par exemple, chasser  d'autres mâles de passage; à un moment, tous les deux se sont envolés à la suite de la cane en direction de l'autre rive pour essayer d'impressionner le héron qui s'y était posté. Ne voulant pas  laisser trop longtemps ses petits seuls, la cane s'est ravisée et les deux chevaliers servants ont suivi.

                                                         A SUIVRE, PEUT-ETRE ?









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