samedi 29 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS: LE GRAND CORMORAN.


Grand cormoran séchant ses ailes.

Une présence fréquente mais irrégulière.

La présence de grands cormorans au parc Nord des Ulis est fréquente mais irrégulière. A certaines périodes, si vous levez la tête, vous apercevrez , pendant plusieurs semaines, un groupe d'une demi douzaine d'individus haut perchés au sommet des grands arbres de la grande île. Vous en verrez certains, là haut ou sur les berges de la grande île, les ailes déployées pour les faire sécher, car leur plumage est incomplètement imperméable. Vous surprendrez peut-être quelques uns de ces gros pêcheurs de poissons (ils en mangent 400 à 700 grammes par jour!)  en action sur l'étang: ils plongeront vite pour se dérober à votre regard, ou s'envoleront laborieusement pour regagner les hauteurs. Dans d'autres périodes, par exemple pendant les mois d'hiver, ils sont absents. Le parc Nord n'est pas non plus pour eux un lieu de nidification, à la différence des étangs de Saclay par exemple. Et nous n'avons donc pu observer ici leur comportement en tant que parents.

Haut perchés au sommet des arbres de la grande île...

                                                         Un "corbeau des mers ".

Le mot cormoran a pour étymologie "corp" (vieux mot qui signifie "corbeau"), "moran" signifiant "marin": il a donc été vu à l'origine comme un "corbeau marin", en raison de sa couleur noire, avec des reflets bleus et verts, et du fait qu'il fréquente les côtes marines. Cependant le grand cormoran, celui qui nous intéresse, est le seul cormoran qui fréquente les étendues ou cours d'eau douce situés à l'intérieur des terres.
Le cormoran a l'œil vert et  une zone jaunâtre à la base du bec. Son bec est puissant et crochu .
Ses pattes sont palmées.

Sur la berge de la grande île.

Le plumage du cormoran mâle se modifie en période nuptiale: des plumes blanches apparaissent sur son cou et ses joues, une tache blanche se forme sur sa cuisse. Il exhibera particulièrement cette tache blanche pendant la parade amoureuse.
Les sujets âgés peuvent avoir des plumes blanches sur la tête et le cou.
Les juvéniles sont brun foncé avec un ventre blanchâtre, pendant les 3 premières années.
Les poussins sont des boules de duvet blanchâtres.

Grand cormoran en plumage nuptial (vu de dos).

                                                  Des techniques de pêche performantes !

Le grand cormoran nage le corps largement enfoncé dans l'eau, seuls le cou et la tête dépassent vraiment. De temps en temps, il enfonce sa tête sous l'eau pour détecter ses proies. Il plonge pour les attraper: il se déplace avec aisance sous l'eau, les ailes collées au corps, jusqu'à 40 m de profondeur, mais le plus souvent à moins de 10m. Il  peut rester en apnée jusqu'à 2 minutes!


Sur l'étang, en recherche de poissons.

Une fois le poisson attrapé, il l'étourdit en le secouant. Puis il le lance en l'air pour le retourner avant de l'avaler. En effet, il est important que le poisson entre dans son bec la tête la première,  pour que les nageoires de sa proie ne se déploient pas dans son gosier .

Il pêche toutes sortes de poissons, y compris truites ou carpes. Il est particulièrement friand de poissons chats. Il peut arriver qu'il s'étouffe en voulant absorber une proie trop volumineuse!


Il attrape des proies parfois très volumineuses...

Quand un site est particulièrement poissonneux, et les cormorans nombreux, ils pratiquent volontiers la pêche en groupe, encerclant les poissons et les poussant par exemple vers les berges pour les coincer. Nous avons assisté personnellement sur l'étang neuf de Saclay à ce spectacle hallucinant, qui dure de longues minutes.

Pêche en groupe aux étangs de Saclay.

Son aptitude à la pêche fait qu'il n'est pas apprécié de nos pêcheurs, et objet d'abattages.
Mais savez-vous qu'en Chine, depuis des siècles, le cormoran a été domestiqué  en raison de ses dons de pêcheur, pour attraper des poissons au profit de l'homme. Un anneau fixé autour du cou de l'oiseau l'empêche d'avaler le poisson capturé, et il est dressé pour rapporter sa proie à l'homme. Au Japon, le cormoran pêcheur est relié à son maître par une ficelle.

                                               Quand le grand cormoran devient parent.

 Le nid  est construit par les parents au sol ou dans un arbre. Comme les cormorans vivent le plus souvent en colonies, les nids peuvent s'accumuler sur un arbre donné : c'est le cas par exemple aux étangs de Saclay. On peut avec de bonnes jumelles y observer quelques "arbres à cormorans" au fond de l'étang neuf (ou ouest).

Le mâle apporte les matériaux et la femelle construit le nid. Il peut faire 1 m de haut et 1m de diamètre. Il faut savoir qu'il peut être réutilisé l'année suivante. En effet le cormoran est fidèle à son lieu de nidification.

"Arbre à cormorans" sur la berge ouest de l'étang neuf de Saclay.

 3 à 4 œufs sont pondus. La couvaison, qui dure 29 à 31 jours, est assurée par les deux adultes à tour de rôle. De même les poussins sont nourris par les deux parents, d'abord par une sorte de bouillie de poisson regurgitée. Puis la nourriture est attrapée dans la gorge des parents par les jeunes.

En cas de problème, une ponte de remplacement est possible en juillet ou août.

Les cormorans atteignent leur maturité sexuelle en 4 à 5 ans. A ce moment là, ils partent vers d'autres horizons..
Ils peuvent vivre 20 ans.

Savez-vous  enfin qu'un cormoran peut voler à 80km/h et piquer à 100 km/h?

Textes et photos (prises au parc Nord ou à Saclay): JMS.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.


jeudi 27 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS: LE CANARD COLVERT.

Le canard colvert est certainement l'oiseau des étangs qui nous est le plus familier. Au parc Nord des Ulis, les colverts forment avec les foulques macroules le plus gros des troupes d'oiseaux qui y sont présentes. On croit tout connaître de ces sympathiques volatiles. Mais une observation attentive dans la durée de leur comportement, comme nous avons pu le faire au parc Nord, réserve bien des surprises!
Et puis il y a au parc le cas un peu mystérieux de ce couple de colverts blancs inséparable!

Couple de colverts sur la glace. Janvier 2020.

                                                  . Question de plumage:
Mâle et femelle, chacun le sait, se distinguent par leur plumage : Monsieur a les plus beaux atours, dont le fameux "col vert" qui a donné son nom à l'espèce, Madame a un plumage plus terne, avec cependant sur le flanc un "miroir" bleu violet bordé de barres blanches (petite partie de plumage colorée). Monsieur a aussi le bec jaune, tandis que celui de Madame est plutôt marron.
Mais savez-vous que Monsieur a aussi à l'arrière de la queue de petites plumes en virgule qui lui sont propres?
Savez-vous que le jeu de la lumière sur le col vert du mâle peut faire que le vert devienne un beau bleu ou même un violet?
Et qu'en été, le mâle perd sa belle livrée, propre à la période nuptiale: son plumage est alors aussi terne que celui de la femelle, et il devient plus difficile de le distinguer de celle-ci?
Savez-vous que les canetons pendant plusieurs semaines ne sont pas sexuellement différenciés, et que leur plumage, sauf dans les premiers jours, est alors identique à celui de la mère?


 Colvert mâle en plumage d'été (ou plumage d'éclipse). Seul son bec jaune permet de le distinguer à coup sûr d'une  femelle.

Col vert ou col bleu?

Col vert ou col violet?

Groupe de canetons juvéniles : les sexes sont encore indifférenciés.

                                                 . Une présence irrégulière:
Les colverts, au parc Nord, sont visibles un peu partout sur l'étang et sur les berges, notamment sur la berge nord.  Il sont présents en toutes saisons. Leur effectif est cependant variable selon les jours, ils se déplacent sans doute momentanément vers d 'autres sites.
S'ils sont nés au parc, on peut penser qu'ils restent fidèles à leur site de naissance, comme le fait penser le comportement du couple de colverts blancs du parc (voir plus loin).
Cependant il faut savoir que le colvert peut migrer en hiver, surtout à partir du nord de l'Europe.
Ce qui est sûr, c'est que les canes reviennent toujours nidifier là où elles ont nidifié l'année précédente. 
Groupe de canards sur la glace en hiver.

                                     . Un comportement sexuel  surprenant:
Savez-vous qu'un couple de colverts ne dure qu'une saison? Sitôt les canetons nés, le mâle s'en va, laissant la femelle s'occuper d'eux seule?
A l'approche du printemps, la formation des couples est précédée de parades amoureuses.
Ces palmipèdes d'habitude si charmants peuvent aussi avoir, pendant la période nuptiale,  un comportement assez violent !
On assiste en effet alors à des courses poursuites frénétiques , plusieurs mâles célibataires s'en prenant à une seule femelle. S'ensuit un véritable viol collectif: quand cela se produit dans l'eau: on a l'impression que les mâles veulent noyer l'objet de leur convoitise!
Nos célibataires peuvent même poursuivre de leurs assiduités une femelle en couple! Il arrive que le compagnon de la victime se rebiffe.
On a même vu des bandes de colverts mâles s'en prendre, dans leur fureur libidineuse, à un autre mâle, en particulier au mâle colvert blanc du parc. Un cas d'homosexualité chez les canards? Ou est-ce parce qu'il est "différent" (voir photo ci-dessous)?


Scène de viol collectif au parc Nord!

                                        .Quand les colverts deviennent parents:
Le nid des colverts, construit par la femelle, est toujours soigneusement caché dans la végétation: je n'ai jamais personnellement aperçu un nid de colverts au parc Nord.
8 à 12 œufs sont pondus. La couvaison dure 28 jours.
La femelle seule couve : son plumage terne la rend moins repérable par un éventuel prédateur !Durant le temps de la couvaison, le mâle est présent pour protéger la femelle. Mais une fois les petits nés, comme nous l'avons dit, il s'en va. Et Madame s'occupe seule de sa progéniture. Elle fera face courageusement aux attaques des prédateurs tels que le héron, qui s'en prend volontiers aux nouveaux nés.
Dès leur naissance, la femelle emmène ses petits sur l'étang pour leur apprendre à nager.


La cane veille seule sur ses petits après la naissance.

Une belle couvée.

Initiation à la nage, dès les premiers jours.

Il faudra 7 semaines aux canetons pour être en mesure de voler.

La longévité d'un canard peut être de 29 ans, mais n'est en moyenne que de 5 ans! Il est vrai que c'est le volatile le plus chassé en France et en Europe!

Il arrive que des couples de colverts fassent leur nid dans des lieux inattendus, au milieu d'une résidence par exemple, pour peu qu'il y ait de l'eau et un buisson pour cacher le nid.
Ainsi chaque printemps, une femelle accompagnée de son compagnon de l'année revient nidifier au beau milieu de la résidence du Bois du Roi aux Ulis, qui comporte un miroir d'eau peu profond, et un îlot propice à l'établissement du nid.

                                                          
                                              . Que mangent les colverts ?
Ils sont omnivores: poissons, grenouilles, insectes et vers leur conviennent, mais ils broutent aussi l'herbe et sont amateurs de graines.
Dans l'eau, ils s'alimentent en surface: ils y plongent la tête  en basculant vers l'avant, laissant pointer leur  arrière train.

                    . UN COUPLE  DE COLVERTS BLANCS AU PARC NORD:


                                                Une blancheur énigmatique:

Au parc Nord des Ulis, on peut observer la présence d'un couple de colverts blancs .
Ils sont nés en  juillet 2016 dans une couvée de 5 canetons, parmi des colverts normaux. Ils sont donc aussi frère et sœur.
Ils sont devenus la mascotte des amis du parc.
Comment s'explique cette couleur blanche, observée aussi sur d'autres sites?
S'agit-il des conséquences d'un croisement d'un de leurs ancêtres avec un canard domestique par exemple, ce qui est possible: la mère aurait hérité de gènes datant de cette "mésalliance".
Les spécialistes évoquent aussi la possibilité de cas de leucisme, un phénomène génétique qui entraîne une décoloration du plumage.
De ce fait , il n'existe qu'un seul signe distinctif entre mâle et femelle: les plumes qui rebiquent au niveau de la queue pour le mâle. Il disparaît cependant pendant la période d'éclipse (été).

Juillet 2016:  canetons jaunes et canetons "normaux" dans la même couvée.

Août 2016: les canetons jaunes sont devenus blancs.

                                          Un comportement particulier:

Il sont inséparables: dès février 2017, ils se sont mis à l'écart des autres et ne se sont plus quittés. Et ils n'ont jamais bougé du parc.
Frère et sœur, forment-ils un couple ? Sans doute : une copulation a été observée. Et en même temps, ils ne suivent pas le modèle normal, puisque chez les colverts le couple ne dure qu'une saison. Or ils sont constamment ensemble, en toutes saisons. 
Même si le mâle s'octroie par moments une petite récréation en allant vaquer sur l'étang avec un compagnon "normal".
En revanche, ils n'ont jamais eu  de petits. On peut penser que le couple est stérile. La femelle ayant été par ailleurs l'objet des assiduités de mâles célibataires, cela confirme la stérilité.
Comme nous le disions plus haut, le mâle blanc lui aussi a été l'objet des mêmes assiduités, sa différence aurait elle troublé ses agresseurs ?

Malheureusement cette incroyable fidélité prendra fin au printemps 2020, avec la disparition de la femelle pendant la fermeture du parc liée à l'épidémie de covid 19.


Colvert blanc mâle à sa toilette. On remarque les petites plumes en crochet à l'arrière qui permettent de l'identifier.

Texte et photos (prises au parc Nord): JMS.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.

mardi 25 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS: LE PIC VERT.

                                                   Observez bien la prairie... !

Le promeneur attentif l'apercevra souvent par exemple dans la grande prairie qui borde l'étang du parc Nord, où il se déplace en sautillant pour chercher sa nourriture, seul, plus rarement en couple ou en famille. Attentif, il faut l'être, car la couleur verte de son plumage fait qu'il se confond de loin avec l'herbe! Quand il est ainsi à découvert, il reste constamment en alerte, et s'envole dans un arbre proche s'il perçoit une menace. Il y reste posté un moment , et peut tourner autour du tronc pour se dérober à la vue grâce à ses griffes puissantes.
Son cri caractéristique, qui ressemble à un éclat de rire moqueur, peut aussi attirer l'attention sur sa présence!
Le mâle se reconnaît à sa moustache teinte de rouge, la femelle à sa moustache noire, les jeunes ont, eux, un plumage particulier très reconnaissable.

Pic vert mâle (moustache rouge).

Pic vert femelle (moustache noire).

Pic vert juvénile.

LE SAVIEZ-VOUS?

. Le pic vert (ou pivert) trouve sa nourriture au sol, qu'il fouille avec son bec pour trouver insectes , larves et fourmis dont il est friand .Sa langue d'environ 10 cm, à l'extrémité plate enduite de salive, lui sert à attraper ses victimes. Il ne creuse les troncs d'arbres pratiquement que pour faire son nid, contrairement à d'autres pics, tels le pic épeiche!
. Il creuse son nid dans un tronc d'arbre pendant deux semaines à l'aide de son bec puissant. Le nid est profond de 20 à 50cm et l'entrée du nid de 5 à 7 cm.

. La femelle pond 1 fois par an entre 5 à 8 oeufs blancs couvés par les deux parents pendant 15 jours. Les jeunes restent au nid pendant 3 semaines. Après leur envol ils vivent encore 3 semaines avec leurs parents.

. Le pic vert est solitaire en période internuptiale. On peut le voir en couple pendant la période nuptiale, ou en famille au moment de l'élevage des jeunes.

. Il est commun en France et en Europe. Il vit à proximité de zones forestières, dans les bosquets, les parcs et les vergers. 

. Son espérance de vie est de 7 à 12 ans.

Pic vert femelle avec un juvénile (juillet 2019).

Photos (prises au parc Nord): JMS. Texte: JMS et Francine Lalou.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.







lundi 24 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS : LE GREBE CASTAGNEUX.

                                                   ;;;
Grèbe castagneux (plumage nuptial).

                                                           Un volatile très discret.


Au parc Nord des Ulis, nous avons depuis longtemps une petite colonie de grèbes castagneux. Ce joli oiseau des étangs de couleur châtaigne (en période nuptiale) - d'où l'appellation: "castagneux"- peut parfaitement passer inaperçu aux yeux du promeneur, en raison de sa petite taille, et de son caractère farouche: dès qu'il perçoit la présence humaine, même à grande distance, il plonge longuement dans l'eau, environ 10 à 25 secondes. Personnellement, j'ai mis plusieurs années à déceler son existence au parc. De plus, lorsqu'il est en activité de pêche, il plonge sans cesse et reste donc peu à la surface. Néanmoins, il se trahit aussi par son cri caractéristique, une sorte de trille prolongée: observez alors la surface de l'étang, et vous aurez une chance de l'apercevoir!
C'est un oiseau sauvage, qui vit sa vie indépendamment des hommes. Il ne quitte jamais l'étang , se dissimulant le plus souvent sur ses bords.

                                                           Le saviez-vous?

. Le mâle et la femelle sont identiques. En période hivernale, le grèbe castagneux change de plumage (plumage internuptial): il est alors de couleur chamois.


Grèbe en plumage d'hiver (internuptial).

. Que mange-t-il ? Surtout des insectes, des larves d'insectes, de petits mollusques et crustacés, et de petits poissons.

Grèbe pêchant un petit poisson.

. Le nid du grèbe est une sorte de petit radeau plus ou moins flottant, arrimé à des branchages. La femelle y pond  5 à 6 oeufs entre avril et juillet. Les deux parents se relaient sur le nid pour couver pendant 20 à 27 jours. En cas d'échec de la ponte, ou de destruction du nid, des pontes de remplacement peuvent être effectuées.
. L'espérance de vie d'un grèbe est de 10 à 15 ans.

Grèbes castagneux au nid: Madame couve tandis que Monsieur peaufine le nid (ou l'inverse).

Nous avons par exemple assisté à la destruction systématique d'un nid de grèbe par une foulque macroule, à qui le voisinage avec son propre nid ne plaisait sans doute pas. Peu après, le couple de grèbes a reconstruit courageusement son nid un peu plus loin, et une nouvelle ponte a eu lieu! La Nature a tout prévu, même les incidents de parcours!

Détresse d'un couple de grèbes tandis qu'une foulque est en train de détruire leur nid.

. Les jeunes accompagnent très vite leurs parents dans leurs promenades sur l'étang, et trouvent souvent refuge sur leur dos! Les deux parents s'occupent de nourrir leurs petits. Il faut attendre un mois et demi pour qu'ils soient autonomes et capables de voler.

Promenade en famille.

Mère et son petit. Le corps du petit grèbe est rayé de jaune.

Mère portant ses petits sur le dos.

Texte et photos (prises au parc Nord des Ulis) : JMS.
Remerciements à Michelle Quentin pour sa recherche documentaire complémentaire.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.




mercredi 12 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS : LE CANARD SOUCHET.

Un vrai canard sauvage:

 Le canard souchet est un vrai canard sauvage, qui se nourrit seul en toutes circonstances: vous ne le verrez jamais accourir comme le colvert vers des promeneurs  distribuant des graines! Il vient juste hiverner au parc Nord: en automne, une petite colonie formée de quelques couples vient se poster sur le pourtour de la grande île située à l'ouest du parc. Ils se tiennent le plus souvent là, plus ou moins cachés par les branchages, à l'écart des humains.Ils ne se répandent un peu sur l'étang que
lorsque le parc est peu fréquenté, quand il pleut par exemple. Ils fuient l'homme. On ne les voit jamais sur les berges de l'étang. Ils restent à proximité de l'eau ou sur l'eau. Ils quittent le parc tous ensemble au printemps et remontent vraisemblablement vers le nord. Le parc Nord n'est  donc pas pour eux un lieu de nidification, nous n'avons en conséquence pas pu observer leur comportement sur ce plan.
                                                                                                  
Canard souchet mâle en plumage nuptial.

Un plumage différent selon le sexe et la période de l'année:

Un observateur inattentif , de loin, pourrait confondre le canard souchet mâle avec le colvert mâle. Car il a comme lui un superbe plumage en période nuptiale. Son cou et sa tête sont bien vertes, le reste du corps cependant est blanc , taché d'un brun rougeâtre sur les flancs. Le dessus des ailes et de la queue est noir, avec des éléments blancs .La base des ailes est bleu clair, avec  un miroir  vert (petite zone verte) . Son œil est jaune. Le bec très long est caractéristique de cette espèce. Comme chez le colvert, la femelle a elle un plumage terne. Son œil est marron clair.
Comme le colvert, il perd son beau plumage en dehors de la période nuptiale, c'est-à-dire en été et au début de l'automne : il a alors ce qu'on appelle le plumage d'éclipse, aussi terne que celui de la femelle, au point qu'on a du mal alors à le distinguer de sa compagne. Seule la couleur de l'œil (jaune pour le mâle, marron pour la femelle) permet de distinguer les sexes à coup sûr.


Mâle en plumage d'éclipse (on le distingue de la femelle  à son œil jaune). On voit bien ici le miroir vert. Sa tête est plus foncée et son poitrail  un peu plus coloré que chez la femelle.

Canard souchet femelle (œil marron clair).

Un as du filtrage:

Le canard souchet est un canard dit de surface, c'est-à-dire qu'il ne plonge pas pour trouver sa nourriture. L'avez-vous déjà observé  en train de se déplacer le bec au ras de l'eau, et ceci inlassablement pendant plusieurs heures ? C'est sa façon de se nourrir. Comment? En filtrant l'eau, ce qui est favorisé par son bec en spatule. Il aspire continuellement l'eau, conserve les particules comestibles qui s'y trouvent, en rejetant l'eau sur les côtés. Des soies dans et au bord du bec retiennent les éléments nutritifs.

Souchet en train de filtrer l'eau.

Ils utilisent aussi une autre technique pour se procurer de la nourriture: ils nagent en rond autour d'une zone donnée pour créer des remous, dans le but de faire remonter des éléments nutritifs!
Le souchet se nourrit de végétaux, de petits animaux aquatiques, de crustacés, de mollusques, et de plancton.

                                                                     Quoi d'autre?
- les souchet sont monogames, sans doute le temps d'une seule saison.
- le mot "souchet" est un ancien terme pour désigner l'action de "creuser": cela vient du fait que la femelle creuse légèrement le sol pour y construire son nid.
- en avril ou mai, elle pond 8 à 12 œufs. L'incubation dure  environ 3 semaines.
- Au moment de la nidification, le souchet défend férocement son territoire, et il continue plusieurs jours après la ponte.
- La femelle élève ses petits seule, environ 6 semaines.
- Le souchet migre vers des zones tempérées ou chaudes en hiver. L'Ile de France est pour eux, nous l'avons constaté, un lieu d'hivernage.

Couple en déplacement. Le mâle en général ouvre la marche.


Photos et textes: JMS.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.













dimanche 9 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS: LA GALLINULE ou POULE D'EAU.


Bien que moins nombreuses au parc Nord des Ulis que les foulques (1), les gallinules (ou poules d'eau) sont bien présentes depuis longtemps sur les diverses berges des étangs, notamment sur la rive sud ouest du grand étang (grande prairie). Elles semblent sédentaires , donc fidèles au parc.

Gallinule ou poule d'eau.

                                                           . Description :
Plus petite que la foulque, et plus vive, la gallinule ou poule d'eau a un plumage noir sur le cou et les flancs, brun sur le dos, avec une ligne blanche le long des flancs et de la queue. Sa plaque frontale est rouge, son bec rouge aussi avec  une pointe jaune, son œil rouge foncé. Elle a de longues pattes vertes, avec de longs orteils. Elle hoche la queue quand elle marche.
Il n'y a aucun distinction entre les sexes. Cependant le mâle peut être légèrement plus grand.
Les poussins sont noirs avec le bec rouge, les juvéniles brun clair, avec une bande blanche sur les flancs.
Poussin de gallinule: déjà de très grandes pattes !

                                                  . Comportement observé :
La poule d'eau est très craintive, elle fuit très vite quand elle identifie une menace. Elle se cache volontiers dans la végétation qui borde les étangs.
Bien que vivant le plus souvent sur l'étang ou à ses abords, c'est aussi une experte pour grimper dans les arbres (pour y construire un nid par exemple), ses grandes pattes et son poids léger sont des atouts pour progresser sur des branches souples.
Elle peut aussi marcher sur la végétation flottante !

                                                   . Reproduction:
.Les gallinules sont monogames. Les membres du couple sont fidèles pour la vie, une vie qui peut durer de 12 à 15 ans!

.Leur nid, en forme de corbeille, est  souvent très bien caché  dans une végétation dense, mais peut être perché dans les arbres, parfois très haut...
Le mâle collecte les matériaux et la femelle construit le nid.
Plusieurs nids sont construits, ils peuvent servir de lieu de repos après usage.

. 5 à 8 œufs sont pondus. L'incubation dure 3 semaines.
Il peut y avoir 2 ou 3 pontes par an, d'avril à juillet.
Il y a beaucoup de pertes dans les couvées en raison des prédateurs: hérons, et, paraît-il, corneilles et rats.

                                                   . De bons parents:
Comme les foulques, ce sont de bons parents. Mâles et femelles couvent alternativement. Ils nourrissent tour à tour leurs petits sans trêve, pendant 3 ou 4 semaines. Ils peuvent s'occuper d'eux jusqu'à 6 semaines.


Papa gallinule vient nourrir la famille. Avril 2019.

Couvée de gallinules.

Original: les jeunes d'un première couvée peuvent aider les parents à élever ceux de la couvée suivante!
Et aussi: les femelles peuvent adopter ou enlever les poussins d'autres familles pour les élever !

                                                        . Nourriture:
Les gallinules sont omnivores, mais leur nourriture est principalement végétale, faite de plantes aquatiques, herbe, feuilles des arbres et des buissons. Elles mangent également des mollusques, insectes, vers de terre, petits poissons, têtards et… des œufs d'oiseaux!

                                                    . LE SAVIEZ-VOUS?

- Ce sont de bonnes plongeuses: elles  peuvent rester en apnée  de 30 à 45 sec .
- Comme les foulques, elles courent à la surface de l'eau pour s'envoler.
- Lors de la PARADE NUPTIALE, le mâle offre des tiges de plantes aquatiques à la femelle, tout en déployant sa queue pour exposer ses plumes sous caudales blanches.
- La poule d'eau est présente sur tous les continents ( il y a différentes sous espèces).
- Bien que souvent sédentaire, cet oiseau peut migrer au sein de l'Europe en cas d'hivers rigoureux.

Gallinule et foulque macroule.


(1) Sur la foulque macroule, voir notre article: https://jmsatto.blogspot.com/2020/02/oiseaux-du-parc-nord-des-ulis-la.html

Textes et photos: JMS.

samedi 8 février 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS: LES OIES BERNACHES DU CANADA.

Lieu de nidification depuis 2015, le parc Nord des Ulis s'avère être un site idéal pour l'observation du comportement des oies bernaches.             

                                         . UN GRAND ET BEL OISEAU:


* C'est un grand et bel oiseau originaire d'Amérique du nord; il a été introduit en Angleterre au XVIIe siècle comme oiseau d'ornement, puis en Europe au XXe s (années 60) pour servir - hélas - de gibier aux chasseurs.

                                                                   
                                                           . Description :
C'est un bel oiseau au plumage brun  avec des liserés plus clairs; le cou, le bec et la tête sont noirs, les joues , la gorge et le croupion blancs, la queue noire.
Il n'y a pas de distinction entre les sexes. Le mâle est cependant en général plus grand.
L'appellation "bernache du Canada" le distingue d'autres espèces de bernaches.
Il est très présent en Ile de France, où il orne notamment tous les parcs de château nombreux de la région. Sa présence est rare au sud de la Loire.

                                . LES OIES BERNACHES AU PARC NORD:

 . Au parc nord des Ulis, des groupes d'oies parfois très importants font une halte provisoire  assez souvent, nous les appelons des "visiteuses". 


                                     Groupe de visiteuses: 27 oies sur le petit bassin ce jour-là !

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Mais ces dernières années, 3 couples d'oies se sont attachés au parc. Ils viennent au printemps, deux des couples y construisent leur nid, le 3e couple quoique stérile revient aussi chaque année. Toutes les oies quittent le parc autour du 25 juillet, quand les jeunes peuvent voler. Selon les années elles reviennent en automne mais parfois en février. 

Nous ignorons où vont nos oies quand elles quittent le parc fin juillet. Migrent-elles? Se déplacent elles simplement sur d'autres sites de la région?
Certaines oies (ex en Scandinavie) migrent. Elles volent en V tout droit, un vol  bruyant !

                .HISTORIQUE DE LA PRESENCE DES OIES AU PARC NORD:

. Dans les années 2010, un couple d 'oies domestiques, offert par le maire de St Jean de Beauregard au maire des Ulis, animait l'étang . En 2013, le mâle disparaît, et la femelle est retrouvée morte en mars 2015.

Nous nous demandions si la mairie allait les remplacer, mais très vite la Nature y a pourvu !

Avant 2015, un couple d'oies domestiques.

* Printemps 2015: un premier couple de bernaches nidifie au parc et a un petit en mai .
Appelons le le couple n°1.
Ce même couple revient nidifier en 2016 et en 2017.
Mai 2016: naissance d'un petit.
Mai 2017: naissance de trois petits, deux seulement survivront.

Mai 2015: première naissance d'un oison au parc!

* Printemps 2018: deux autres couples d'oies s'attachent au parc.
Mai 2018:
. le couple n°1 (déjà attaché au parc depuis 2015) a cette fois 4 petits, qui survivront tous.
. le couple n°2  a 4 petits (3 seulement survivront).
. le couple n°3 ne nidifie pas. Il semble stérile.

5 mai 2018: les 4 oisons du couple n°1.

* Printemps 2019: les trois couples reviennent.
* Mai 2019:
. Le couple n°1 n'a pas de petits. La couvaison a échoué.
. Le couple n°2 a quatre petits, trois seulement survivront.
. Le couple n° 3 semble toujours stérile.

*Mai 2020:
. 3 mai : le couple n°2 a deux petits.
. 8 mai : le couple n°1 a un petit. Le mâle le prend en charge, tandis que la femelle reste sur le nid. 2 jours plus tard, le petit a disparu, il n'a sans doute pas survécu. La femelle abandonne la couvée, qui a une nouvelle fois échoué.
A suivre...

Des parents protecteurs: ils encadrent soigneusement leur progéniture lors de leurs déplacements.



                              . COMPORTEMENT OBSERVE AU PARC NORD :

. Lorsque les oies bernaches reviennent au parc (entre novembre et février) , elles sont d'abord regroupées. On a pu donc voir revenir par exemple en février 2019  un groupe d'au moins 13 oies (les 3 couples + les petits des couples 1 et 2).


. A l'approche de la période de nidification , les anciens petits, qui sont restés un an avec leurs parents, quittent le parc et vont vivre leur vie ailleurs.

. A ce moment, les trois couples se séparent et retrouvent chacun leur territoire:

- le couple n°1 ( le plus ancien) se tient le plus souvent dans le petit bois de pins proche de l'îlot où le nid va être établi. Leur territoire s'étend sur la partie est de l'étang.

- Le couple n°2  investit l'ouest de l'étang. Il évolue le plus souvent entre la rive sud ouest et le bassin rond. Son lieu de nidification est la grande île.
- Le couple n°3 (stérile) évolue plutôt aux abords du petit étang , se hasardant aussi sur un petit promontoire de la rive nord (à l'ouest du petit bois de pins).

Chaque année, les trois couples reprennent exactement le même territoire, c'est ce qui nous permet de les identifier.

- On assiste alors, pendant la période de la couvaison, à des charges violentes entre bernaches si par hasard un couple ne respecte pas son territoire. Le couple n°3, stérile, est particulièrement ostrascisé.

Querelle de territoires entre bernaches pendant la période de couvaison.

. Pendant la couvaison:

Si tout à coup, on voit le mâle errer seul sur l'étang comme une âme en peine, c'est que la couvaison a commencé.
La femelle couve seule, le mâle monte la garde aux alentours et chasse férocement les intrus, notamment les autres oies ( autres couples du parc ou oies de passage).
La femelle s'offre de temps en temps une petite récréation pour manger, boire, se laver. Dès que le mâle voit apparaître la femelle sur l'étang, il accourt à sa rencontre, manifestant bruyamment sa joie de la revoir.

. Le nid: il  est soigneusement caché, dans une île ou îlot. Il est au sol, fait de branchettes et divers et tapissé de duvet.
4 à 8 œufs sont pondus. L'incubation dure 23 à 30 jours. Il y a 1 seule couvée par an.
Les poussins , de couleur jaune, sont très jolis.
Prédateurs possibles: hérons, corbeaux, mouettes. Mais les parents sont vigilants, et vigoureux! Le héron n'a qu'à bien se tenir!

. Dès la naissance des petits:
La notion de territoire ne tient plus. Les familles se regroupent. Nous avons remarqué qu'une méfiance persiste vis à vis du couple sans enfants, qui a tendance à être tenu à l'écart du groupe, malgré son désir évident d'intégration. Bien que regroupées, elles ne se mélangent pas totalement. Le groupe est clairement subdivisé en sous groupes familiaux.

Peu après la naissance des petits, les familles se regroupent.

On constate que très bientôt, quelques autres oies (ça peut être un couple ou plus) viennent se joindre au groupe , comme si elles venaient les chercher. S'agit-il d'anciens petits de retour? Impossible de le dire.
                                                              Oisons de 3 semaines.

Les parents sont très attentifs et protecteurs pour leurs petits. Ils les  encadrent soigneusement lors de leurs déplacements . Le mâle veille, il est en alerte dès qu'il croit sentir un danger, il tend le cou de manière répétée pour manifester son ire, bientôt rejoint dans cette manifestation par la femelle!

Il faut attendre 6 à 9 semaines pour que les jeunes puissent voler.
Au bout d'environ 1 mois et demi, les poussins acquièrent l'aspect d'oies adultes.
Vers la fin juillet, toute la troupe quitte le parc pour plusieurs mois. Tout le monde reviendra  entre novembre et février, et le cycle recommencera.

Le groupe des oies au petit bassin en juin 2018, au nombre de 15.

                                                        . LE SAVIEZ- VOUS ?

. Les oies bernaches sont végétariennes. Elles mangent de l'herbe, des plantes aquatiques, des graines de céréales et de graminées, des baies. Une oie mange 1,8 kg d'herbe par jour!

. Un couple d 'oies est fidèle pour la vie, une vie qui peut durer 24 ans! Elles s'accouplent la 2e année de leur vie.

Les oies bernaches font le bonheur des visiteurs du parc Nord.

.- L'espèce a d'abord été protégée en 1981, puis classée temporairement nuisible en 2013/2014 et chassable  (4000 oies tuées chaque année).
Leur population croit en effet rapidement: 6000 en 2008, 14000 en 2016.
Or elles causent des désagréments: elles produisent bcp de fientes (presque 1kg par oie de matières fécales par jour); et sont donc peu appréciées sur les terrains de golf par ex. Elles peuvent causer aussi des dégâts aux cultures.
Surtout, les scientifiques craignent une effet négatif sur l'écosystéme si leur population se développe trop. Des mesures de régulation (tirs, captures...etc) restent envisagés pour stabiliser leur nombre.

- Les plumes de la bernache sont utilisées pour confectionner les becs d'un clavecin ; elles sont  plus résistantes que d'autres plumes.

JMS.