vendredi 10 juillet 2020

NE DONNEZ PAS DE PAIN AUX OISEAUX, CE N'EST PAS BON POUR EUX!

Une solution de facilité, nocive pour les oiseaux.
Aller nourrir les canards ou autres oiseaux des étangs fait sans doute partie des plaisirs d'un parc public. De la personne âgée qui le fait par amour des animaux, aux jeunes parents qui attirent ainsi les volatiles pour permettre à leurs enfants de les observer de plus près, c'est une pratique courante. Mais que leur donnent traditionnellement les usagers d'un parc? La plupart du temps du pain. Parce que c'est la facilité. Il reste toujours un peu de pain dur dans les familles. Alors, au lieu de le jeter, allons le donner aux canards! C'est même une sorte d'exigence culturelle chez certains, et particulièrement dans certaines communautés: on ne jette pas le pain! Alors autant en faire profiter les oiseaux! C'est ainsi que certaines personnes, à intervalles réguliers, déversent dans l'étang le plus proche de chez eux des sacs entiers de pain dur! 
 Et les volatiles en sont friands! C'est pour eux comme une gourmandise. Mais une gourmandise qui peut leur être néfaste, à brève échéance ou à terme! 
On sait que les anglais sont particulièrement connus pour leur amour des oiseaux, et leur nourrissage dans leurs nombreux espaces verts est un sport national ! Et c'est justement une étude scientifique anglaise qui a donné l'alerte: halte au pain! Il peut nuire à la santé de ces chers volatiles! Depuis les spécialistes des oiseaux s'efforcent de faire passer le message. Et celui-ci commence à  se répandre. Par exemple en Ile de France, de nombreuses municipalités ont décidé de faire apposer  des panneaux informatifs à proximité des points d'eau de leur commune. Ces panneaux proposent en général aux promeneurs des substituts au pain. Cependant certains semblent encore ignorer superbement le problème.


Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
Affiche élaborée par un groupe d'habitants des Ulis pour le parc de la commune.

                             Pourquoi le pain n'est-il pas pour eux une bonne nourriture?

D'après ces spécialistes, le pain ne contient pas les nutriments nécessaires aux oiseaux. Lorsqu'on leur en donne, ils en absorbent goulument, au point qu'ils arrivent vite à satiété et ne se donnent plus la peine de chercher la nourriture qui leur conviendrait mieux. Plus le processus se répète, plus il devient nocif. On peut en arriver à la limite à un état de dépendance des oiseaux par rapport à ce que lui fournit l'homme. Regardez le comportement des oiseaux dans les parcs lorsque vous vous approchez d'eux: ils se précipitent à votre rencontre. C'est la preuve qu'ils s'habituent à compter sur vous pour se nourrir.  Mais si ce que lui fournit l'homme en permanence est du pain, il peut s'ensuivre une carence nutritionnelle chez l'oiseau qui l'expose aux maladies. Des cas de "maladie des ailes d'ange", directement liée à l'absorption massive de pain, ont été détectées par exemple au parc des Buttes Chaumont chez des oies bernaches, : c'est une paralysie des articulations, qui empêche l'oiseau de voler et le met à la merci des prédateurs.
De plus, selon certaines sources, le gluten contenu dans le pain nuirait à la digestion de nos volatiles.
Oie atteinte de la maladie des ailes d'ange (affiche).

Enfin, le pain contient du sel et du sucre: deux substances qui peuvent dégrader la santé des oiseaux s'ils en consomment en grande quantité.

DES CANARIS DIABETIQUES!
Une personne avec qui je parlais de cette question m'a raconté une anecdote édifiante: alors qu'elle voyageait sur l'île de Madère, elle s'étonna de voir des canaris avec une seule patte. Le guide lui expliqua qu'ils avaient attrapé le diabète à cause du pain que les touristes leur donnaient sans arrêt! 

                     Le pain non consommé immédiatement pollue l'eau et nourrit les rats:

Quand trop de pain est  déversé dans l'eau, une partie n'est pas consommée tout de suite, et y pourrit peu à peu, entraînant le développement d'algues et de bactéries. Là encore il peut en résulter pour les volatiles de graves maladies, comme l'aspergillose, mortelle pour les canards, qui est due à un champignon qui pénètre les voies respiratoires. Quand on voit une couvée de canetons naviguer dans cette pourriture et s'en gaver, on frémit! Peut-être avez-vous entendu parler de la trentaine de cygnes retrouvés morts dans un canal alsacien, à Erstein (Bas Rhin) en avril 2019, à cause du pain jeté dans l'eau par les promeneurs: une bactérie s'était développée, et avait entraîné d'après les analyses effectuées une entérite à clostridium chez ces volatiles.

              Quand on voit une couvée de canetons naviguer dans cette pourriture, on frémit…
                                                    Photo prise au parc Nord des Ulis.

Pour ce qui est des rats, plus vous donnez de pain, plus vous laissez de déchets, plus vous les faites prospérer. Et ils se reproduisent vite! Or des études scientifiques ont montré qu'ils sont souvent porteurs de germes, vecteurs de maladies.

                                                           Que leur donner d'autre?

Les spécialistes des oiseaux vous diront que ceux-ci n'ont pas besoin de l'homme pour se nourrir, sauf éventuellement en hiver, quand les étangs sont gelés et que la neige recouvre tout.
Laissons donc plutôt  les oiseaux se nourrir eux - mêmes, et en tous cas ne leur donnons pas de pain.
Certains sites sur internet conseillent des nourritures de substitution: salade, grains de maïs cuits, riz cuit, graines pour les oiseaux achetées dans le commerce .(1)
Si vous voulez faire plaisir à vos enfants, utilisez ces substituts, sans excès. Les graines par exemple, à donner de préférence au sol, sont vite consommées, il ne reste pas de déchets qui pourraient y pourrir ou attirer les rats! Et si vous êtes un adulte responsable, ne faites pas de mal aux oiseaux pour vous faire plaisir! Et évitez de polluer encore davantage les étangs par ce que vous y jetez!

Un message à diffuser autour de vous ou auprès de votre municipalité si elle n'est pas encore sensibilisée à la question...

JM Sattonnay.


(1)Voici quelques sites ou articles sur le sujet de la nocivité du pain donné en excès aux canards et autres oiseaux:
- https://www.youtube.com/watch?v=if-_UyhQdJA (video)
 - https://vegan-pratique.fr/conseil/bien-nourrir-canards/
-  http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1341355-le-pain-mauvais-pour-la-sante-des-canards-donnez-leur-plutot-du-riz-ou-des-legumes.html

jeudi 9 juillet 2020

Un joli oiseau des étangs: le GREBE CASTAGNEUX.

   Moins connu que son cousin le grèbe huppé, parce que moins visible, le grèbe castagneux est un joli oiseau des étangs.
J'ai pu l'observer personnellement dans la durée au parc Nord des Ulis (Essonne) où plusieurs spécimens vivent depuis longtemps.

Grèbe castagneux (plumage nuptial).

                                                           Un volatile très discret.


 Ce joli oiseau des étangs de couleur châtaigne (en période nuptiale) - d'où l'appellation: "castagneux"- peut parfaitement passer inaperçu aux yeux du promeneur, en raison de sa petite taille (23 à 29 cm), et de son caractère farouche: dès qu'il perçoit la présence humaine, même à grande distance, il plonge longuement dans l'eau, environ 10 à 25 secondes. Personnellement, j'ai mis plusieurs années à déceler son existence au parc. De plus, lorsqu'il est en activité de pêche, il plonge sans cesse et reste donc peu à la surface. Néanmoins, il se trahit aussi par son cri caractéristique, une sorte de trille prolongée: observez alors la surface de l'étang, et vous aurez une chance de l'apercevoir!
C'est un oiseau sauvage, qui vit sa vie indépendamment des hommes. Il ne quitte jamais l'étang , se dissimulant le plus souvent sur ses bords.

                                                           Le saviez-vous?

. Le mâle et la femelle sont identiques. En période hivernale, le grèbe castagneux change de plumage (plumage internuptial): il est alors de couleur chamois.


Grèbe en plumage d'hiver (internuptial).

. Que mange-t-il ? Surtout des insectes, des larves d'insectes, de petits mollusques et crustacés, et de petits poissons.

Grèbe pêchant un petit poisson.

. Le nid du grèbe est une sorte de petit radeau plus ou moins flottant, arrimé à des branchages. La femelle y pond  5 à 6 oeufs entre avril et juillet. Les deux parents se relaient sur le nid pour couver pendant 20 à 27 jours. En cas d'échec de la ponte, ou de destruction du nid, des pontes de remplacement peuvent être effectuées. La Nature est bien faite!
. L'espérance de vie d'un grèbe est de 10 à 15 ans.

Grèbes castagneux au nid: Madame couve tandis que Monsieur peaufine le nid (ou l'inverse).

Nous avons par exemple assisté à la destruction systématique d'un nid de grèbe par une foulque macroule, à qui le voisinage avec son propre nid ne plaisait sans doute pas. Peu après, le couple de grèbes a reconstruit courageusement son nid un peu plus loin, et une nouvelle ponte a eu lieu! La Nature a tout prévu, même les incidents de parcours!

Détresse d'un couple de grèbes tandis qu'une foulque est en train de détruire leur nid.

Les jeunes accompagnent très vite leurs parents dans leurs promenades sur l'étang, et trouvent souvent refuge sur leur dos (un comportement caractéristique de toutes les espèces de grèbes)Les deux parents s'occupent de nourrir leurs petits. Il faut attendre un mois et demi pour qu'ils soient autonomes et capables de voler.

Les adultes plongent inlassablement pour trouver de la nourriture et l'apportent aux petits.

Mère et son petit. Le corps du petit grèbe est rayé de jaune.

Mère portant ses petits sur le dos.

Texte et photos (prises au parc Nord des Ulis) : JMSattonnay.
Aide à la recherche documentaire: Michèle Quentin.
Groupe J'aime le parc Nord.





mardi 7 juillet 2020

DEFENSE ET ILLUSTRATION DES OIES BERNACHES DU CANADA.

  L'OIE BERNACHE DU CANADA est très présente en Ile de France, où abondent les sites où l'on trouve à la fois  de l'eau (étangs, cours d'eau) et de l'herbe, dont elle est grande consommatrice. Ce bel oiseau orne notamment les nombreux parcs de châteaux de cette région.
Les oies bernaches ne sont pas appréciées de tout le monde: certains redoutent que leur développement excessif  ait un effet négatif sur l'écosystème. D'autres craignent pour leurs cultures. Le fait qu'elles vivent en grandes troupes peut causer certains désagréments: elles produisent beaucoup de fientes, et  elles ne sont pas toujours les bienvenues, par exemple sur les terrains de golf...    

  Pour notre part, nous avons pu observer ces volatiles sur la durée, avec bonheur, au parc Nord de la ville des Ulis (Essonne) - une expérience tout à fait passionnante, qui nous a plutôt donné envie de prendre leur défense.   

                                         . UN GRAND ET BEL OISEAU:


* C'est d'abord un grand et bel oiseau, originaire d'Amérique du nord; il a d'ailleurs été introduit en Angleterre au XVIIe siècle comme oiseau d'ornement, puis en Europe au XXe s (dans les années 60) pour servir - hélas - de gibier aux chasseurs.

                                                                   
                                                           . Description :
C'est un bel oiseau au plumage brun  avec des liserés plus clairs; le cou, le bec et la tête sont noirs, les joues , la gorge et le croupion blancs, la queue noire.
Il n'y a pas de distinction entre les sexes. Le mâle est cependant en général plus grand.
L'appellation "bernache du Canada" le distingue d'autres espèces de bernaches.
Sa présence est rare au sud de la Loire.

                                . LES OIES BERNACHES AU PARC NORD DES ULIS :

 . Au parc nord des Ulis, des groupes d'oies parfois très importants font une halte provisoire  assez souvent, nous les appelons des "visiteuses". 


                                     Groupe de visiteuses: 27 oies sur un petit bassin ce jour-là !

.
Mais ces dernières années, 3 couples d'oies se sont attachés au parc. Ils viennent au printemps, deux des couples y construisent leur nid, le 3e couple quoique stérile revient aussi chaque année. Toutes les oies quittent le parc autour du 25 juillet, quand les jeunes peuvent voler. Selon les années elles reviennent en automne mais parfois en février. 

Nous ignorons où vont nos oies quand elles quittent le parc fin juillet. Migrent-elles? Se déplacent elles simplement sur d'autres sites de la région?
Certaines oies (ex en Scandinavie) migrent. Elles volent en V tout droit, un vol  bruyant !

                .HISTORIQUE DE LA PRESENCE DES OIES AU PARC NORD:

Dans les années 2010, un couple d 'oies domestiques, offert par le maire de St Jean de Beauregard au maire des Ulis, animait l'étang . En 2013, le mâle disparaît, et la femelle est retrouvée morte en mars 2015.

Nous nous demandions si la mairie allait les remplacer, mais très vite la Nature y a pourvu ! Nous avons vécu cela comme une chance!

Avant 2015, un couple d'oies domestiques.

* Printemps 2015: un premier couple de bernaches nidifie au parc et a un petit en mai .
Appelons le le couple n°1.
Ce même couple revient nidifier en 2016 et en 2017.
Mai 2016: naissance d'un petit.
Mai 2017: naissance de trois petits, deux seulement survivront.

Mai 2015: première naissance d'un oison au parc!

* Printemps 2018: deux autres couples d'oies s'attachent au parc.
Mai 2018:
le couple n°1 (déjà attaché au parc depuis 2015) a cette fois 4 petits, qui survivront tous.
. le couple n°2  a 4 petits (3 seulement survivront).
. le couple n°3 ne nidifie pas. Il semble stérile.

5 mai 2018: les 4 oisons du couple n°1.

* Printemps 2019: les trois couples reviennent.
Mai 2019:
. Le couple n°1 n'a pas de petits. La couvaison a échoué.
. Le couple n°2 quatre petitstrois seulement survivront.
. Le couple n° 3 semble toujours stérile.

*Mai 2020:
. 3 mai : le couple n°2 a deux petits.
. 8 mai : le couple n°1 a un petit. Le mâle le prend en charge, tandis que la femelle reste sur le nid. 2 jours plus tard, le petit a disparu, il n'a sans doute pas survécu. La femelle abandonne la couvée, qui a une nouvelle fois échoué.


Des parents protecteurs: ils encadrent soigneusement leur progéniture lors de leurs déplacements.

                              . COMPORTEMENT OBSERVE AU PARC NORD :

. Lorsque les oies bernaches reviennent au parc (entre novembre et février) , elles sont d'abord regroupées. On a pu donc voir revenir par exemple en février 2019  un groupe d'au moins 13 oies (les 3 couples + les petits des couples 1 et 2).


. A l'approche de la période de nidification , les anciens petits, qui sont restés un an avec leurs parents, quittent le parc et vont vivre leur vie ailleurs.

. A ce moment, les trois couples se séparent et retrouvent chacun leur territoire:

- le couple n°1 ( le plus ancien) se tient le plus souvent dans le petit bois de pins proche de l'îlot où le nid va être établi. Leur territoire s'étend sur la partie est de l'étang.

- Le couple n°2  investit l'ouest de l'étang. Il évolue le plus souvent entre la rive sud ouest et le bassin rond. Son lieu de nidification est la grande île.
- Le couple n°3 (stérile) évolue plutôt aux abords du petit étang , se hasardant aussi sur un petit promontoire de la rive nord (à l'ouest du petit bois de pins).

Chaque année, les trois couples reprennent exactement le même territoire, c'est ce qui nous permet de les identifier.

- On assiste alors, pendant la période de la couvaison, à des charges violentes entre bernaches si par hasard un couple ne respecte pas son territoire. Le couple n°3, stérile, est particulièrement ostracisé.

Querelle de territoires entre bernaches pendant la période de couvaison.

. Pendant la couvaison:

Si tout à coup, on voit le mâle errer seul sur l'étang comme une âme en peine, c'est que la couvaison a commencé.
La femelle couve seule, le mâle monte la garde aux alentours et chasse férocement les intrus, notamment les autres oies ( autres couples du parc ou oies de passage).
La femelle s'offre de temps en temps une petite récréation pour manger, boire, se laver. Dès que le mâle voit apparaître la femelle sur l'étang, il accourt à sa rencontre, manifestant bruyamment sa joie de la revoir.

. Le nid: il  est soigneusement caché, dans une île ou îlot. Il est au sol, fait de branchettes et divers et tapissé de duvet.
4 à 8 œufs sont pondus. L'incubation dure 23 à 30 jours. Il y a 1 seule couvée par an.
Les poussins , de couleur jaune, sont très jolis.
Prédateurs possibles: hérons, corbeaux, mouettes. Mais les parents sont vigilants, et vigoureux! Le héron n'a qu'à bien se tenir!

. Dès la naissance des petits:
La notion de territoire ne tient plusLes familles se regroupent. Nous avons remarqué qu'une méfiance persiste vis à vis du couple sans enfants, qui a tendance à être tenu à l'écart du groupe, malgré son désir évident d'intégration. Bien que regroupées, elles ne se mélangent pas totalement. Le groupe est clairement subdivisé en sous groupes familiaux.

Peu après la naissance des petits, les familles se regroupent.

On constate que très bientôt, quelques autres oies (ça peut être un couple ou plus) viennent se joindre au groupe , comme si elles venaient les chercher. S'agit-il d'anciens petits de retour? Impossible de le dire.
                                                              Oisons de 3 semaines.

Les parents sont très attentifs et protecteurs pour leurs petits. Ils les  encadrent soigneusement lors de leurs déplacements Le mâle veille, il est en alerte dès qu'il croit sentir un danger, il tend le cou de manière répétée pour manifester son ire, bientôt rejoint dans cette manifestation par la femelle!

Il faut attendre 6 à 9 semaines pour que les jeunes puissent voler.
Au bout d'environ 1 mois et demi, les poussins acquièrent l'aspect d'oies adultes.
Vers la fin juillet, toute la troupe quitte le parc pour plusieurs mois. Tout le monde reviendra  entre novembre et février, et le cycle recommencera.

Le groupe des oies au petit bassin en juin 2018, au nombre de 15.

                                                        . LE SAVIEZ- VOUS ?

. Les oies bernaches sont végétariennes. Elles mangent de l'herbe, des plantes aquatiques, des graines de céréales et de graminées, des baies. Une oie mange 1,8 kg d'herbe par jour!

. Un couple d 'oies est fidèle pour la vieune vie qui peut durer 24 ans! Elles s'accouplent la 2e année de leur vie.

Les oies bernaches font le bonheur des visiteurs du parc Nord.

.- L'espèce a d'abord été protégée en 1981, puis classée temporairement nuisible en 2013/2014 et chassable  (4000 oies tuées chaque année).
Leur population croit en effet rapidement: 6000 en 2008, 14000 en 2016.
- Les plumes de la bernache sont utilisées pour confectionner les becs d'un clavecin ; elles sont  plus résistantes que d'autres plumes.

                                                                 Conclusion:
. Il n'y a pas tant que cela de grands oiseaux sur nos étangs d'Ile de France.
Les cygnes ne sont pas légion par exemple. Pas plus que les oies domestiques.
La présence de ces beaux et grands oiseaux est donc plutôt un atout pour un parc, et notamment un parc public. D'autant que c'est un apport gratuit de la Nature, c'est très bon pour le budget d'une ville!
Et s'ils ont choisi de nidifier dans le parc, c'est toujours un bonheur pour les promeneurs d'observer leur comportement et de découvrir leurs jolis oisons au printemps.

. Nous n'avons pas observé que la présence d'oies bernaches nuise à d'autres espèces. 
Quand le cygne est présent, c'est plutôt lui qui pourchasse les oies bernaches , comme nous l'avons constaté dans le parc de Morsang sur Orge. Si le parc est assez vaste, comme au château du Marais, les deux espèces peuvent cependant cohabiter sans problème.
Je n'ai jamais vu que la présence des oies perturbe les canards ou les autres oiseaux des étangs (foulques, poules d'eau...). Ils vivent en très bonne intelligence.

. Faut-il craindre l'invasion de ces oies sur un site donné? 
Sur la base de ce qu'on observe au parc Nord, je ne le pense pas.
En effet, les oies bernaches ne restent pas à demeure toute l'année. Dès que les jeunes sont en mesure de voler (en général dans la deuxième moitié de juillet), toutes les oies quittent le parc. Donc, de fin juillet à la fin de l'automne et parfois jusqu'en février, elles sont absentes du parc.
Au printemps, le groupe du printemps précédent ,comprenant les 3 familles et leurs accompagnatrices revient. Mais dès qu'approche le moment de la nouvelle couvaison , les jeunes s'en vont vers d'autres horizons , et ne restent que 6 oies, à savoir les 3 couples habituels. On ne reverra jamais les anciens oisons nés au parc (en tous cas pas tous). 
Quand approche le moment où les petits vont naître, un certain nombre d'oies cependant, mais en nombre limité, commencent à rejoindre  les 3 familles: c'est ainsi qu'une troupe de 13 à 15 oies, chaque année au mois de mai, est présente au parc jusqu'à fin juillet.
Comme nous l'avons dit au début, parfois de grandes troupes d 'oies peuvent faire escale au parc, mais elles ne restent pas longtemps.

. Les bernaches ont deux ou trois coins favoris dans un parc. Si ce coin favori est un lieu de passage, il faudra bien sûr, à causes des fientes, prendre garde où l'on met les pieds pendant le temps de leur présence. Mais bien souvent elles se tiennent à l'écart, et le problème est limité. Elles salissent le sol bien moins que les hommes, et ce qu'elles y laissent est au moins biodégradable!

JM Sattonnay.

samedi 4 juillet 2020

OU L'ON VOIT QUE PHOTOGRAPHIER LES OISEAUX PEUT ETRE UNE ACTIVITE DANGEREUSE.

par notre collaborateur Thibault Gommette.

Vendredi 3 juillet, un inoffensif photographe d'oiseaux septuagénaire qui opérait tranquillement, comme à son habitude, au parc Nord des Ulis l'a appris à ses dépens.
" J'avais retrouvé la veille une couvée de gallinules qui avait déserté son premier nid suite sans doute à l' approche intempestive d'un promeneur et semblait en construire un autre à l'abri cette fois de s regards des passants. Je voulais voir si cette famille d'oiseaux des étangs était toujours là. Or le nouveau nid était sur le rebord rocheux de l'étang en contrebas de l'allée qui longe celui-ci." explique-t-il.
Manque de chance: à l'instant précis où il vise avec son appareil les poussins qu'il vient de repérer, quelqu'un passait sur l'allée située au dessus, hors de son champ de vision.
Un jeune noir à capuche l'interpelle alors sur un ton agressif, l'accusant d'avoir pris une photo de lui, ce qui visiblement ne lui convenait pas du tout!
Notre photographe pensant que le quiproquo serait vite levé, explique qu'il était en train de photographier des oiseaux. Le jeune arrogant ne veut rien entendre et exige du photographe qu'il lui montre ses photos, sinon il détruira son appareil !
Le photographe lui répond alors que le système de visualisation de son appareil ne fonctionne pas, ce qui était vrai, et demande au garçon qui s'approchait de lui de rester à distance, ce qui s'impose en ces temps de covid. Lui montrer les photos aurait nécessité de confier son appareil à son interlocuteur, ce qui paraissait problématique.
L'autre persuadé que le photographe voulait lui cacher une photo prise de lui, envoie alors un grand coup de pied dans l'appareil -un NIKON P 1000 particulièrement lourd- que le premier tenait à mi poitrine. Notre photographe reçoit alors en pleine figure l'appareil, du coup transformé de facto en véritable instrument d'agression. Le choc a été extrêmement violent !
" J'ai été sonné quelques secondes." explique le photographe. Le temps qu'il reprenne ses esprits, l'agresseur avait enfilé sa capuche et pris le large, tout en se retournant de temps en temps pour vérifier que l'agressé ne prenait pas de photos de lui.
Vérification faite, rien de cassé apparemment, un mal de tête tout de même persistant, et une joue tuméfiée.
"Je suis passé à la pharmacie pour demander conseil. On a pensé que cela pouvait se régler avec de l'efferalgan et des pilules d'arnica ."
" Moi qui fait tout pour valoriser Les Ulis à travers mes photos, je me suis pris en pleine figure un aspect de la réalité de cette ville que j'avais laissé de côté : la possibilité d'être l'objet au tournant d'une rue ou dans un coin du parc d'une pulsion de violence de la part d'individus pour lesquels c'est un mode opératoire naturel", résume notre victime.
Un mode opératoire qui se banalise de plus en plus et que certains aujourd'hui encouragent.
Car l'individu n'avait aucune chance de détruire l'appareil d' un simple coup de pied. Sa violence était gratuite, juste une façon de passer ses nerfs.

Une photographie qui a coûté cher à son auteur !
C'est un des clichés que notre photographe était en train de prendre au moment où l'agresseur passait au dessus sur le chemin.



vendredi 3 juillet 2020

JUILLET 2020: LA VIE DES OISEAUX AU PARC NORD.

                                                            2 JUILLET:
                La famille foulque aujourd'hui était à la plage.
                              12 jours ont passé, les poussins ont changé!
                               J'ai pu assister à des scènes de becquées assez pittoresques...


La famille au complet.











PORTRAITS DE JEUNES FOULQUES DE 12 JOURS:





LE NID DES POUSSINS DE GALLINULES NES IL Y A DEUX JOURS ETAIT DESERTE CE MATIN !

D'après les traces dans l'herbe, quelqu'un s'est approché  trop près du nid, provoquant sans doute la fuite de ses occupants !

Un peu plus tard, je finis par repérer la famille aux abords de rochers un peu plus loin. Le père s'occupe de deux des petits, tandis que la mère est avec les autres sur apparemment un nouveau nid construit à même le rocher. 





Le père s'occupe à cet instant d'un petit... Il est drôle avec ses petits bras , futures ailes...

... tandis que l'autre a grimpé sur un rocher.
A cet instant , un rat  se précipite sur le poussin... je m'apercevrai bientôt qu'il lui a échappé!

LE NOUVEAU NID:

REGARDONS LA VIDEO:
la mère consolide son nouveau nid avec des éléments végétaux apportés par le père:


La mère sur le nid.

Je m'aperçois alors qu'au moins un petit est vivant  après l'histoire du rat.

Puis la mère ayant quitté le nid, je constate que tous les petits sont sains et saufs!


AUTRE MAUVAISE SURPRISE:
la famille de GREBES CASTAGNEUX semble avoir déserté sa zone d'évolution (bras ouest de l'étang). Etrange!

Mais un peu plus tard, j'aperçois deux femelles bien loin de là, dans la partie Est de l'étang, aux abords d'un îlot.

En voici une...
Il existe donc un autre groupe de grèbes dans cette partie de l'étang.

LES DEUX NOUVELLES COUVEES DE 8 CANETONS REPEREES FIN JUIN SE PORTENT BIEN: elles évoluaient toujours sur le bras ouest de l'étang.


Voici une des deux couvées.
L'autre circulait sur l'étang.

5 JUILLET:
C'EST LE GRAND RETOUR DU STERNE PIERREGARIN AU PARC NORD. 
Comme chaque année à la même époque, il vient pratiquer sa pêche spectaculaire sur nos étangs. VOIR LA VIDEO:





DES NOUVELLES DE LA FAMILLE GALLINULE:
on se souvient qu'elle avait déserté son nid suite certainement à l'approche intempestive d'un passant, et qu'elle avait entrepris de l'installer plus loin sur un rocher (à la merci des rats et d'un éventuel chat).
Eh bien aujourd'hui, ELLE SE REINSTALLE DANS SON PREMIER NID !
Les parents ce matin consolidaient ce premier nid, tandis que les poussins vaquaient à proximité...

REGARDONS LA VIDEO:



La consolidation du nid.

Un des poussins, âgés maintenant de 6 jours.

On aperçoit les 4 poussins aux alentours du nid.


MIRACLE 1 ET SA FAMILLE  de passage...





                                            6 JUILLET:
UNE 2e FAMILLE DE GREBES CASTAGNEUX au parc Nord!
J'avais repéré depuis un moment une présence de grèbes aux alentours de l'îlot où un couple de bernaches fait son nid chaque année, non loin du bois de pins. Et aujourd'hui, j'ai découvert que des petits étaient nés!
                                                                     VIDEO:

Un des petits était sur le dos de la mère...

...tandis que l'autre était à la pêche avec le père.

Photos prises à contrejour, pas de très bonne qualité. J'essaierai de faire mieux!

8 JUILLET:
De nouvelles naissances !

Une nouvelle famille de gallinules.
Il semble qu'il y ait deux petits.


Le mâle transmet la nourriture qu'il est allé chercher à la mère pour les poussins.

Les deux poussins.


On en est donc à 5 familles de gallinules (1 de 4 poussins, 2 de 2, 2 de 1).

            Et aussi une troisième famille de grébes castagneux!
                                           Cette fois au niveau de la grande île.





                      BALLET NAUTIQUE au parc Nord:
 56 nouveaux canards, ca va en faire de l'animation sur l'étang!
VIDEO:



NOTRE MIRACLE 2 COMMENCERAIT-IL A S'EMANCIPER DE SA FAMILLE?
Aujourd'hui, il était en escapade dans le bras ouest seul avec un de ses frères (ou une de ses soeurs).
Au bout de 7 semaines , la couvée n'est plus cornaquée par la mère. Ca approche!

En escapade !


Si les 2 canards blancs quittent leur famille, il va être difficile de les distinguer l'un de l'autre... Si les canetons s'éparpillent, on ne saura jamais combien de mâles ou de femelles comptait chaque couvée !