mardi 14 avril 2020

PASSEREAUX MIGRATEURS DE PASSAGE AU PARC NORD: POUILLOTS, GOBEMOUCHES, GRIVES, LINOTTES MELODIEUSES.

 Nous ne les voyons  au parc qu'au printemps ou en été , la plupart du temps en groupes plus ou moins importants selon l'espèce: ce sont les passereaux migrateurs, qui opérent un  passage au parc de durée variée. Ils migrent vers le sud en automne, et pour certains en Afrique.

                                                     LE POUILLOT VELOCE.

Ce n'est qu'en juillet 2019  que nous avons repéré la présence de pouillots véloces au parc Nord. Et pendant un certain temps, nous avons pu photographier cet oiseau de nombreuses fois. Il pouvait être seul ou en petits groupes. Il migre en septembre dans le bassin méditerranéen. Nous avons pu constater sa présence fréquente au printemps par ailleurs dans la région du Hurepoix.

Pouillot véloce au parc Nord. Gris verdâtre sur le dessus, il a les pattes sombres et un sourcil pâle peu apparent. En vieillissant, le plumage brunit.
Mâle et femelle sont semblables, la femelle peut-être un peu plus petite. Le juvénile est plus brun sur le dessus. Photo:JMS.

Originalité: c'est un insectivore (bien qu'il ne dédaigne pas les fruits). Il peut absorber un tiers de son poids en insectes par jour.  A la veille de la migration, il se nourrit continuellement pour faire des réserves de graisse.

LE POUILLOT FITIS.

En juillet 2019 encore , notre ami Louis Ernest Pancrate a pu photographier une autre variété de  pouillot: le pouillot fitis. 

Il se distingue du pouillot véloce par son sourcil blanc plus net, sa gorge et son ventre plus blancs, ses pattes plus pâles, et ses ailes plus longues… Autant dire des différences ténues! Mêmes caractéristiques par ailleurs que le pouillot véloce...Photo: L.E. Pancrate.

LE GOBEMOUCHE NOIR.

A la fin du mois d'août 2019, nous avons eu au parc Nord un fort passage de gobemouches noirs : une première ! Les ornithologues ont remarqué un pic inhabituel de passage de ces migrateurs en cette fin d'été 2019, et nous n'avons pas manqué le coche! Ces visiteurs d'été migrent en Afrique en automne.

Le gobemouche mâle en période nuptiale est noir et blanc, mais la femelle a le dos et la tête marron clair. Il s'agit donc ici plutôt d'une femelle. Son beau ventre blanc est un repère pour identifier cette espèce. Photo: JMS

Cette autre vue permet d'apercevoir le dessin alaire caractéristique. Il s'agit vraisemblablement encore ici d'une femelle. Photo: JMS.

Mâle en plumage nuptial.
Il a le dos noir, deux taches blanches sur le front, et une zone blanche sur les ailes plus grande que chez la femelle. Photo internet.

Originalités: comme tous les oiseaux à bec fin, c'est principalement un insectivore. Il ne s'intéresse pas seulement aux mouches, mais aussi aux chenilles, coléoptères araignées...Et de préférence aux insectes posés, plutôt qu'en vol. A la fin de l'été, il ne dédaigne pas les petits fruits (baies etc). Autre originalité: il est polygame! Il peut séduire plusieurs femelles, et les attirer chacune dans un trou d'arbre différent pour qu'elles y pondent et couvent ! Ensuite, il nourrit une des femelles au nid, mais laisse tomber les autres qui doivent se débrouiller seules !

LE GOBEMOUCHE GRIS.

Nous avons pu le photographier au parc également fin août 2019. Apparemment la vague migratoire de cette époque réunissait les deux espèces de gobemouches. Il arrive en Europe en mai, et migre en automne au sud du Sahara.

Le gobemouche gris a le ventre blanc, le plumage du dos grisâtre, et il se reconnaît bien notamment aux stries sur sa tête. Photo: JMS.

Originalités: c'est un chasseur infatigable d'insectes, et contrairement au gobemouche noir, il attrape très souvent les insectes EN VOL . Il les cherche aussi sur les arbres ou à terre. A la fin de l'été , il peut manger des baies. Contrairement encore au gobemouche noir, il est monogame. Les deux parents s'occupent bien de leur nichée. Il est en déclin en Europe, à cause des pesticides notamment.


LA GRIVE MUSICIENNE.

Chaque année, à la fin du mois de janvier ou en février, des volées de grives de passage se posent sur les hauts arbres du parc Nord. La grive musicienne est un peu plus petite qu'un merle. Elle est ainsi nommée à cause de son chant mélodieux. Elle est parfois sédentaire, mais elle migre aussi vers les pays méditerranéens pour y hiverner.

Nous avons surpris cette petite grive au sol. Mâle et femelle se ressemblent. Photo: JMS.

Originalités: la grive musicienne niche dans les arbres, en particulier les conifères, mais se nourrit au sol d'insectes, de crustacés, ou de mollusques. En automne, elle apprécie les baies. Sa spécialité est d'extraire de leur coquille les petits escargots, les débris de coquille sont des indices de son passage. Elle vole longuement  en groupe, de nuit, assez haut dans le ciel lors des migrations. C'est , avec le merle et le rouge gorge, un des passereaux qui chantent le plus tôt le matin et le plus tard le soir! Elle est malheureusement trop chassée !

LA GRIVE MAUVIS.

Des groupes importants de grives mauvis passent au parc à peu près aux mêmes dates que les musiciennes. Les grives mauvis sont des oiseaux d'Europe du nord, elles migrent vers le sud en grands groupes.

Elle se distingue de la grive mélodieuse par un sourcil clair caractéristique, et des flancs roux (non perceptibles ci-dessus). Femelle et mâle sont identiques. Photo: JMS.

Ma présence les a effrayées, elles ont gagné les hautes branches. On distingue ici les taches rousses sur les flancs. Photo: JMS.

Caractéristiques: elles sont bien plus grégaires que les musiciennes. Elles affectionnent les forêts de conifères, de bouleaux ou les saules. Elles nichent dans les arbres, mais aussi au sol dans la toundra. Elles se nourrissent aussi au sol, et ont le même régime alimentaire que les musiciennes. 

LA LINOTTE MELODIEUSE.

En mai 2019, la linotte mélodieuse était très présente sur le sol français, et on n'a pas manqué de la repérer aussi au parc Nord pour la première fois. On la trouve aussi dans les champs du Hurepoix. Elle peut être sédentaire dans les zones tempérées, mais elle fuit la neige. Sinon elle migre en grands groupes depuis les pays nordiques jusqu' en Afrique du nord. Elle revient en Europe en avril-mai, et repart en octobre. 

Le mâle en période nuptiale arbore un front et une poitrine rouge. Photo de L.E.Pancrate, réalisée au parc Nord.

La femelle a un plumage plus terne.
Photo: JMS réalisée dans un champ près de Gometz la Ville.

Quelques caractéristiques: la linotte est essentiellement granivore, comme tous les passereaux à bec court et conique. Mais elle consomme aussi des insectes en été. Elle se nourrit au sol, notamment dans les champs, des graines qu'elle trouve. Elle est friande de "linettes", graines du lin, d'où son nom. Elle affectionne aussi les champs de colza après la moisson. Autre particularité: elle construit son nid non loin du sol, et le dissimule tellement mal qu'elle fait le jeu des prédateurs: d'où l'expression "tête de linotte". De ce fait, les pontes de remplacement sont fréquentes,  jusqu'en juillet.

Textes: JMS.
Photos: JMS et L.E.Pancrate.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.
Une photo internet.



samedi 11 avril 2020

OISEAUX VISITEURS AU PARC NORD: PINSON DES ARBRES, VERDIER D'EUROPE, CHARDONNERET ELEGANT, FAUVETTES, TARIN DES AULNES.

Certains passereaux, sauf erreur,  ne sont pas toute l'année au parc Nord, contrairement aux rouges gorges ou aux mésanges. Ils sont classés par les ornithologues dans la catégorie des "migrateurs partiels", c'est -à- dire qu'ils ne migrent pas en Afrique mais à l'intérieur de l'Europe , surtout quand leur lieu de nidification est l'Europe du nord ou centrale. Ils hivernent alors plus à l'ouest ou au sud de notre continent.

                                                       LE PINSON DES ARBRES.
                                                            
Chaque début de printemps, immanquablement, des volées de pinsons des arbres  se manifestent au parc Nord , plus précisément dans le bois qui borde celui-ci, ou à proximité. Le passant ne les remarque pas toujours, car ils cherchent leur nourriture au sol, et ils se confondent avec les couleurs des débris de branches et  des feuilles mortes qui le recouvrent encore. Mais un geste brusque, et l'alerte est donnée : ils gagnent tous d'un coup les parties hautes des arbres. S'ils sont vraiment inquiets, ils changent de coin momentanément. Mais si vous repassez deux heures plus tard, vous avez des chances de les retrouver au même endroit: ils ont donc des coins préférés, où ils trouvent sans doute ce qu'il leur faut. Ils y reviennent une fois le danger écarté...  Passée cette période, ils ne restent pas. Le parc Nord ne semble pas être un lieu de nidification pour eux. A la belle saison, ils sont plutôt insectivores, et ensuite plutôt granivores, comme beaucoup de passereaux.

Pinson des arbres mâle se nourrissant au sol.
Son plumage est rosé voir d'un rouge soutenu en période nuptiale. Photo JMS.

Pinson des arbres femelle, au plumage plus terne.
Ca pourrait être aussi un juvénile, qui ressemble à la femelle. Photo: JMS.

Une originalité de cet oiseau : après la période de reproduction, mâles et femelles se regroupent selon le sexe:  les mâles se regroupent entre eux, les femelles et les jeunes sont ensemble… Les groupes ainsi formés mangent et  migrent séparément!


                                                        LE VERDIER D'EUROPE.

Ce n'est qu'à la fin du mois d'avril 2018 que nous avons identifié pour la première fois un verdier d'Europe au parc Nord. Ensuite, nous avons pu constater sa présence de nombreuses fois, en 2018, puis en 2019, toujours au printemps. À la fin du printemps, la présence de groupes de juvéniles laisse à penser au moins qu'il nidifie au parc, bien que nous n'ayons jamais repéré de nids. Peut-être cette espèce est-elle devenue sédentaire au parc, mais nous n'en avons pas la preuve jusqu'à présent.

Verdier d'Europe mâle, au plumage à dominante vert olive.
La femelle est terne, grisâtre, avec cependant du jaune vif sur les ailes ou la queue, et le juvénile encore plus terne. (Photo: JMS).

Originalité: le verdier est principalement granivore. Son bec solide lui permet de manger des graines dures comme le maïs. Il affectionne les parcs publics. C'est un oiseau qui n'est pas menacé.


                                                     LE CHARDONNERET ELEGANT.

Ce n'est qu'en juillet 2019  que nous avons pu repérer la présence de ce merveilleux oiseau si joliment coloré. Il a été revu à plusieurs reprises à cette période. Nous avons aussi pu photographier plusieurs fois des juvéniles, ce qui laisserait penser que notre oiseau aurait pu nidifier aux alentours. Le chardonneret n'est migrateur que depuis les pays du nord, sinon il peut être sédentaire. Nous n'avons pas revu de chardonneret en hiver, donc est-il sédentaire par ici, ou était-il juste de passage avec ses juvéniles? Impossible de trancher pour le moment.


Chardonneret adulte: mâle et femelle se distinguent peu: le rouge de la tête chez le mâle déborde au delà des yeux, alors que chez la femelle il s'arrête aux yeux. Photo: L.E. Pancrate.

Chardonneret juvénile: il se reconnait aux couleurs caractéristiques de ses ailes. Photo: JMS.

Quelques caractéristiques: ce bel oiseau peut-être irritable et agressif envers d'autres mâles en période nuptiale. En revanche, il ne s'accapare pas vraiment un territoire au moment de la nidification , plusieurs couples peuvent avoir des nids voisins. C'est rare chez les passereaux. Il est essentiellement granivore, comme le verdier. Il a un grand besoin d'eau, comme tous les granivores, et peut être facilement observable en train de se baigner.


                                                   LA FAUVETTE A TETE NOIRE.

La fauvette à tête noire est présente dans notre région du Hurepoix. Au parc Nord des Ulis, elle l'était il y a quelques années, nous ne l'avons pas repérée depuis


Fauvette à tête noire femelle (la femelle a la tête rousse). Photo JMS, prise en 2010 au parc Nord. Le juvénile ressemble à la femelle.

Fauvette à tête noire mâle. Photo: JMS prise en Hurepoix.

Originalités: la fauvette à tête noire est une solitaire: en dehors de la période de reproduction, elle se nourrit seule, ne vit pas en groupe, même s'il lui arrive de voisiner sur un arbre avec d'autres fauvettes. Et elle n'aime pas les graines ! Elle est essentiellement insectivore en été, comme tous les oiseaux à bec fin. A la mauvaise saison, elle est fructivore: elle apprécie les baies, le raisin, ou encore les figues bien mûres! Les fauvettes du nord de l'Europe migrent en automne, toujours en solitaires et de nuit!

                                                        LA FAUVETTE GRISETTE.

En août 2O19, notre ami Louis Ernest Pancrate, à l'occasion d'un de ses patients affûts photographiques, a pu réaliser un cliché d'un fauvette grisette femelle. Oiseau que nous n'avions pas vu au parc jusque là...
               
Fauvette grisette femelle. Photo: L.E.Pancrate prise au parc Nord.

    Fauvette grisette mâle : plumage cendré avec des ailes rousses. Photo internet.

Originalités: elle hérisse souvent les plumes de sa tête. Elle émet souvent son chant tout en effectuant un vol vertical ascendant!
Comme la fauvette à tête noire, elle est insectivore et fructivore .


                                                          LE TARIN DES AULNES.

J'ai eu le plaisir de le photographier au parc Nord une seule fois, au printemps 2017.

Il s'agit d'une femelle, au plumage à dominante grise.

On voit bien ici les rayures sur son dos, et la forme de sa queue, caractéristiques. Photos: JMS.

Le mâle est bien plus coloré, d'un beau vert jaune. Photo de Marie-Hélène Maillot, prise dans son jardin de Limours. 

Originalités: le tarin des aulnes se nourrit de graines qu'il trouve dans les aulnes (d'où son nom), les bouleaux et les ormes. Il aime aussi les conifères. Curieusement il nourrit ses petits avec des insectes. Hors période nuptiale, il vit en groupe. Il est très sociable avec les autres oiseaux, et se regroupe volontiers avec eux (notamment avec les chardonnerets).

Textes: JMS.
Photos: JMS et  Louis Ernest Pancrate. 
Groupe J'aime le parc Nord.
    Merci à Marie-Hélène Maillot pour sa photo du tarin des aulnes mâle.
Une photo internet.

mardi 7 avril 2020

OISEAUX GRIMPEURS AU PARC NORD DES ULIS : LA SITTELLE TORCHEPOT, ET LE GRIMPEREAU DES BOIS.

LA SITTELLE TORCHEPOT :

Sittelle torchepot dans une attitude caractéristique.

C'est en mars 2017 que nous avons repéré pour la première fois la présence de sittelles torchepot au parc Nord . Nous avons revu cet oiseau sédentaire en 2018, et plus rarement en 2019. Il est arrivé qu'un couple  investisse un nichoir, ce qui nous a permis de l'observer assez facilement. La sittelle a une façon caractéristique de grimper le long des troncs, et une manière unique de le faire aussi en descente la tête en bas (ce que ne font pas les pics par exemple). Elle a l'habitude de cimenter avec de la boue l'entrée du trou d' arbre où elle établit son nid s'il est trop grand, d'où son nom. J'ai constaté  qu'il lui arrive de colmater aussi les nichoirs! Une fois qu'on a identifié son cri caractéristique, c'est un bon moyen de percevoir sa présence.

Sittelle au nichoir.
On remarquera la boue accumulée sous le toit du nichoir.

LE GRIMPEREAU DES BOIS:


Grimpereau à la recherche de sa nourriture.

Il grimpe le long des troncs comme une souris, en tournant autour, mais à la différence de la sittelle, il ne descend pas la tête en bas. Une fois arrivé au sommet d'un arbre, il gagne la base d'un autre arbre, y grimpe de nouveau, puis passe à un autre arbre et ainsi de suite! Son bec courbé lui permet d'aller chercher de minuscules insectes dans les anfractuosités du bois. Nous nous sommes rendu compte de sa présence chaque année uniquement au printemps, alors qu'il est censé être un sédentaire. La présence d'un bois bordant le parc  a permis que nous puissions faire sa connaissance.


Une silhouette caractéristique.

Textes et photos (prises au parc Nord): JMS.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.

dimanche 5 avril 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS : LES MESANGES.

                                                               AU PARC NORD:

Avec le rouge gorge, trois espèces de mésanges, jolis et délicats passereaux, sont très présentes au parc Nord comme dans l'ensemble de la région: mésanges charbonnières, mésanges bleues, mais aussi, moins fréquemment, mésanges à longue queue . Elles se déplacent en général en bandes, sauf évidemment en période de reproduction. Chaque printemps, elles prennent possession de certains des nichoirs installés au parc, ou font leur nid dans le trou d'un arbre, et on peut observer leur manège.

Calotte et cravate noires, joues blanches, dos verdâtre, ventre jaune: c'est
la MESANGE CHARBONNIERE . Elle a la taille d'un moineau.


Calotte bleue, livrée bleue et blanche, ventre plus ou moins jaune: c'est la MESANGE BLEUE. Elle est plus petite que la charbonnière.

Tête blanche et grise, bandes noires du front à la nuque et sur les ailes, ventre blanc, longue queue, c'est la MESANGE A LONGUE QUEUE ou ORITE. Son corps est minuscule, sa queue fait 8 à 9 cm.

Photos: JMS, prises au parc Nord des Ulis.
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EN SAVOIR PLUS:

  Des oiseaux sédentaires à l'espérance de vie limitée.

Comme nous l'avons constaté au parc Nord, les mésanges sont des oiseaux sédentaires: elles ne quittent jamais leur lieu de vie. Elles vivent en petits groupes, sauf au moment de la reproduction, où elles défendent leur territoire contre les intruses. Ce sont des groupes familiaux auxquels se joignent quelques adultes. Elles peuvent se mêler à d'autres espèces.

Il y a peu de différences entre mâles et femelles: la cravate noire de la charbonnière est plus fine chez la femelle, il en est de même du collier de la mésange bleue, plus étroit  chez la femelle. Cette dernière a un plumage également plus terne que le mâle.

Tout le monde a entendu avec ravissement chanter les mésanges: l'orite cependant se distingue des autres: elle a le chant rare!

 Leur espérance de vie est limitée: une charbonnière pourrait vivre 15 ans, mais en fait elle vit 2 ou 3 ans en moyenne. C'est 1 à 3 ans pour la mésange bleue, au lieu de 10 ans. Il n'y a que 38°/° de survie chez les mésanges bleues juvéniles.

Les mésanges sont protégées: on ne peut ni les tuer, ni les capturer.  
                   
                                    Mésange bleue dans les branchages au printemps.
                       
Deux couvées chaque année!

 Les mésanges sont fidèles: le couple se reforme au printemps suivant. Elles sont  en général monogames, mais la bigamie n'est pas exclue!          
                                                                       
Les mésanges charbonnières et bleues font leur nid dans des cavités, le plus souvent un trou dans un arbre ou dans un mur; mais certains emplacements sont plus surprenants, une vieille boîte à lettres abandonnée par exemple. Ce sont de bonnes clientes pour les nichoirs installés dans les parcs ou les jardins. Les mésanges à longue queue ou orites se distinguent là aussi: leur nid est installé dans un endroit dégagé; c'est un nid fermé , pourvu d'un orifice latéral dans sa partie supérieure !

2 couvées sont possibles chaque année, l'une en avril-mai, l'autre en juin-juillet. Chez les charbonnières  et les orites 5 à 12 œufs sont pondus chaque fois (7 à 16 chez les mésanges bleues). La femelle couve 13 à 14 jours et le mâle la nourrit. Les oisillons restent au nid 16 à 21 jours. Les jeunes s'émancipent au bout de 4 semaines.

La mésange revient nicher au même endroit l'année suivante, à moins que ce soit un de ses petits!

Mésange bleue arrivant au nid.

Les mésanges sont de bonnes clientes pour les nichoirs...

Un régime alimentaire qui évolue selon les saisons.

En période de reproduction, les mésanges se nourrissent plutôt d'insectes , de larves, et d'araignées   dont elles régalent leurs petits. Les mésanges sont aussi les ennemies des chenilles processionnaires. Elles sont aussi appréciées des horticulteurs, car elles débarrassent les pommes des vers! Par la suite elles sont davantage granivores. On sait qu'elles se laissent tenter par ce que nous leur proposons sur le rebord de nos fenêtres ou dans nos jardins, y compris hélas les miettes de pain dont on sait maintenant la nocivité pour les oiseaux.

Mésange à longue queue mangeant une chenille.

Mésange bleue attirée par du pain… mauvais pour elle !

ETONNANTES MESANGES !

. Savez-vous que la mésange bleue pratique le bain de fourmis pour se débarrasser de ses parasites?                                                                                                                                                 
. Acrobate la mésange bleue ! Elle  se suspend volontiers la tête en bas pour surprendre ses proies sous les feuilles ou les rameaux…

Acrobate, la mésange bleue !

. Maligne la mésange charbonnière !  Elle peut par exemple utiliser une aiguille de pin pour déloger une larve. Un rare exemple d'utilisation d'un outil chez les oiseaux! En hiver, elle tapote de son bec les ruches pour en faire sortir les abeilles, et s'en nourrir! En Angleterre, on  s'est aperçu que par simple observation d'une bouteille de lait décapsulée, elles avaient trouvé une technique pour ouvrir les dites bouteilles qui sont déposées dans ce pays sur les perrons des maisons.

. Pas toujours tendres, les charbonnières! Ces charmants oiseaux sont capables de briser le crâne d'autres passereaux comme les roitelets ou les gobe mouche, ou encore celui des chauves souris pour manger leur cerveau!


Textes et photos: JMS.
Groupe "J'aime le parc Nord des Ulis".


D'AUTRES MESANGES SONT PRESENTES DANS LA REGION:

Mésange huppée.

Mésange nonnette.

Mésange noire.

Photos empruntées avec son autorisation à Marie Hélène Maillot. Elles ont été prises dans son jardin de Limours. Merci à elle!






jeudi 2 avril 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS: LA CORNEILLE.

                                                           AU PARC NORD :

Les "corbeaux" que l'on aperçoit assez souvent au parc Nord des Ulis sont en réalité des corneilles. Elles y sont bien moins nombreuses que les pies : on les rencontre seules ou par petits groupes de 2 ou 3. Mais elles font partie du décor, à tel point qu'on leur prête peu d'attention en général. Nous allons faire une exception pour une fois. Ajoutons qu'elles sont très méfiantes vis à vis des promeneurs que nous sommes. Une approche un peu étroite, un geste un peu brutal, et hop! Elles vont voir ailleurs. On ne peut vraiment les observer longtemps que lorsqu'elles sont perchées assez haut dans un arbre pour ne rien avoir à craindre de nous. La vie a dû leur apprendre à se méfier de l'homme. Parfois, on s'amuse à les voir sortir de leur gosier des cris rauques, on croirait qu'elles font participer tout le corps à cet effort.

Corneille au parc nord, reconnaissable à son bec noir. Photo: JMS.

                                                          EN SAVOIR PLUS:

                                                         Corbeau ou corneille?

Comment distinguer la corneille du corbeau? Le plus simple est de regarder son bec: celui de la corneille est noir, avec une base emplumée, celui du corbeau freux (le plus courant dans nos régions) est blanchâtre.
De plus, le crâne de la corneille est plat, sa queue carrée. Le corbeau a lui le crâne pointu, sa queue est également pointue. Tous deux ont un plumage noir, avec plus de reflets verts, bleuâtres ou violet métallique pour le corbeau. La corneille a tendance à sautiller au sol, le corbeau marche plutôt en se dandinant. Ces deux espèces sont de taille moyenne (environ 47 cm pour un adulte), on ne peut pas les confondre avec le grand corbeau , qui mesure lui 52 à 69 cm. Et il fréquente lui plutôt les falaises côtières ou les montagnes. Il a aussi un bec plus fort. Le chouca des tours est une autre espèce proche: avec un peu d'attention, on l'identifie facilement car il a la nuque et les côtés de la tête gris, ainsi que le bec. Il a de plus l'oeil blanc et non noir comme les autres.
La corneille juvénile a l'œil plus gris et l'intérieur de la cavité buccale rouge.
Le plumage d'une corneille se ternit avec le temps.


Couple de corneilles (bec noir, queue carrée). Photo: JMS.

Corbeau freux (bec blanc, queue pointue). (Internet).

Grand corbeau: taille plus grande, bec plus fort.(internet).


Choucas des tours en Hurepoix( plumage en partie gris).Photo: JMS.

                                                   Un oiseau sédentaire et grégaire.

La corneille ne migre pas. Elle reste sur le même territoire toute l'année. Son cri est une façon notamment d'affirmer sa présence sur ce territoire. Et elle le défend énergiquement. Mais parfois des jeunes ne trouvent pas de territoire, ils se regroupent alors en bandes errantes. De toutes façons, en dehors de la période de reproduction, les corneilles se regroupent, c'est ainsi que certains arbres  servent de dortoirs à bon nombre d'individus. Elles se mêlent même alors à des corbeaux freux ou des choucas. C'est une protection contre les prédateurs tels certains rapaces comme la buse ou l'autour: elles savent s'unir pour les chasser.
Autre particularité: la corneille ne s'élève jamais très haut dans le ciel.

                                                   Quand vient le temps des nids.

Le nid est souvent construit au sommet d'un arbre : le mâle apporte les matériaux et la femelle arrange le nid ! Ils utilisent de tout à cet effet , y compris des papiers, des chiffons et des plastiques! Il peut faire 40cm de diamètre.
3 à 5 oeufs sont pondus vers la mi-avril. La femelle couve de 17 à 22 jours, le mâle se charge de la nourrir au nid... Les petits sont nourris au nid par les deux parents, et volent à l'âge de 6 semaines. Il y a une seule ponte par an.
Certains jeunes restent avec leurs parents jusqu'au premier hiver, d'autres rejoignent les groupes de jeunes errants.
Une corneille peut vivre 20 ans.


Mars: le temps de la construction des nids. Le mâle cherche les matériaux. Photo: JMS.

                                              Un oiseau omnivore ... et nécrophage !

Les corneilles cherchent leur nourriture au sol. Qui n'a pas vu  ces oiseaux noirs affairés dans les champs à la recherche d'insectes (coléoptères notamment), de vers de terre, ou de graines de céréales? Elles apprécient aussi les baies, les cerises, les noix, mais aussi les larves, les petits mollusques,  les grenouilles et même les petits mammifères. Elles s'en prennent aux oiseaux blessés... Elles peuvent aller piller les nids de foulques ou de passereaux pour se procurer leurs oeufs! Qui n'a pas vu enfin une corneille , sur la route, affairée après un cadavre d'oiseau ou de petit mammifère? Oui elles sont nécrophages ! Ce comportement est tellement fréquent qu'en Angleterre, on les appelle "carrion crows": "carrions" signifie "charogne".
Mais elles peuvent aussi s'en prendre à des oiseaux vivants et sains: on a pu observer ainsi des poursuites acharnées en vol visant des alouettes!


Corneilles au parc Nord: elles se nourrissent au sol.

                                                   ETONNANTES CORNEILLES !

. Les corneilles sont méfiantes, mais prises jeunes, elles peuvent s'apprivoiser. Attention cependant à vos yeux si vous le faites, elles ont une propension à y donner des coups de bec.

. Des oiseaux intelligents: comme tous les corvidés, elles ont un cerveau plus développé que chez d'autres espèces, et donc une intelligence supérieure. Comme la pie, elles sont capables de comprendre que leur reflet dans le miroir, c'est bien elles. Elles ont une conscience de soi.

. Des provisions pour l'hiver! Savez-vous que les corneilles sont capables de "faire des réserves " en cachant de la nourriture , par exemple des noix, en vue des mauvais jours?

. Des oiseaux joueurs! Eh oui! On en a vu qui s'amusaient à faire des glissades sur des toits enneigés ou gelés. Ou  à se pendre par les pattes tête en bas à une branche, juste pour le plaisir apparemment!

. Le couple de corneilles a sa cour, en période de reproduction: cela peut aller jusqu'à 7 individus, qui aident le couple à la construction du nid, au nourrissage des jeunes, à leur protection en pourchassant les prédateurs!

Corneille perchée dans la brume au parc Nord. Photo: JMS.


Textes et photos: JMS
+ internet.
Groupe J'aime le parc Nord.

dimanche 29 mars 2020

OISEAUX DU PARC NORD DES ULIS : LE MARTIN PECHEUR.

C'est en janvier 2018 que la présence d'un martin pêcheur sur les étangs du parc Nord des Ulis  a été pour la première fois repérée . Ensuite, au cours des années 2018 et 2019, plusieurs individus ont été assez souvent aperçus, notamment par Louis Ernest Pancrate, photographe patient et persévérant, au cours de ses longs affûts. Il a ainsi pu réaliser de nombreux clichés de ce superbe oiseau . Peu de gens en dehors de notre ami, sauf coup de chance, l'ont vu au parc, car il est très farouche et très rapide dans ses déplacements.


Martin pêcheur mâle.

                                                               EN SAVOIR PLUS:

                                                   Une petite fusée bleu métallique...

Le Martin-pêcheur d'Europe est un petit oiseau trapu au long bec noir en forme de poignard, remarquable par la beauté de son plumage mais bien souvent on ne voit qu'une petite fusée bleu métallique passer vivement au ras de l'eau. La gorge et la joue sont blanches. Le ventre est entièrement rouge orangé. 
Les plumes du martin pêcheur sont imperméabilisées, elles ne retiennent pas l'eau. Pas besoin de  se sécher!
Le mâle a un bec exclusivement noir alors que celui de la femelle est teinté de rouge. Son œil est sombre.
Les juvéniles sont plus ternes, avec un bec blanchâtre et des pattes noires.
L'adulte pèse entre 40 et 45g et vole a une vitesse avoisinant les 40km/h.
On entend souvent le cri perçant « Zii » qu'il émet en vol.

                                                   Un oiseau sédentaire et territorial.

Le martin pêcheur est sédentaire le plus souvent et défend son territoire contre ses congénères. Cela se traduit par des poursuites rapides au dessus de l'eau, qui peuvent aboutir à des prises de bec intenses!

Il est solitaire en hiver. Au printemps, il se met en quête d'une compagne. Ca peut être la même que l'année précédente. L'hiver venu, il la quittera et ils se retrouveront éventuellement au printemps suivant. Une fois séparés, mâle et femelle prennent chacun une partie du territoire précédemment commun.

Si l'hiver est trop rude et les étangs gelés, les martins pêcheurs migrent partiellement vers les côtes, mais reviennent toujours au printemps sur leur territoire.
Cela signifie que nous reverrons nos martins pêcheurs au parc Nord !

L'espèce, qui a perdu en effectifs, est protégée.


 On dirait bien que c'est une femelle (base du bec rougeâtre).

                                                         Le temps des nids.                               

Le nid est aménagé dans une cavité située au bout d'un tunnel de près de 50 cm que le mâle creuse pendant une semaine sur les berges sablonneuses de la rivière ou d'un étang. 

La nidification se fait entre mars et juillet. Plusieurs pontes, à même le sol, dans la chambre ménagée au fond de ce tunnel, peuvent se succéder dans cette période.
6 ou 7 œufs blancs sont pondus, que les deux adultes couvent à tour derôle pendant 3 semaines. Les petits naissent nus, sans plumes, et ont fort besoin des parents pour se réchauffer! Ils restent 4 à 5 semaines dans le nid, et ensuite ils se débrouillent vite seuls ! Si une 2e nichée est en route, le mâle seul  se charge de finir d'élever les petits de la nichée précédente. 

Les jeunes sont ensuite chassés du territoire des parents. Ils vont vivre leur vie parfois très loin de leur lieu de naissance...Ils sont nomades jusqu'au printemps suivant, puis ils cherchent à leur tour un territoire.


                                                           Le guetteur.


                                                       Quand Martin pêche...

Notre oiseau  se nourrit surtout de poissons de taille modeste (3 à 7 cm). Mais il ne dédaigne pas les insectes (libellules, coléoptères), les petits crustacés, les batraciens (grenouilles , têtards).

Pour pêcher, il raffole des branches surplombant la surface de l'eau. Il y guette, plonge comme l'éclair et remonte avec sa proie dans le bec. 
Pour attraper ses proies il peut aussi pratiquer un vol stationnaire bref au dessus de l'eau, avant de piquer sur sa proie.
Il frappe le poisson violemment contre la branche pour l'assommer, avant de l'avaler la tête la première (cela empêche les nageoires du poisson de bloquer son absorption)! Eventuellement, il envoie le poisson en l'air pour le rattraper dans la bonne position!

Lors de la nidification, un adulte peut pécher jusqu'à 70 poissons par jour pour nourrir ses petits
Après son repas, le martin pêcheur rejette ce qu'on appelle une "pelote de réjection", formé d'arêtes et d'écailles agglomérées qu'il n'a pu digérer.


Pêche réussie.

                                            ETONNANTS MARTINS PECHEURS !

 . La PARADE NUPTIALE  commence par un certain nombre de poursuites aériennes. Puis se déroule une sorte de rituel avec offrande: le mâle rejoint la femelle, s'aplatit devant elle les ailes pendantes , puis étire le cou pour lui proposer un petit poisson. Dès l'offrande avalée, les oiseaux s'accouplent! L' opération se reproduit plusieurs fois en une semaine. On dirait en quelque sorte qu'il la nourrit abondamment pour qu'elle ponde de bons oeufs!   

. DES OISILLONS TRES DISCIPLINES ! Le nourrissage des oisillons se déroule ainsi : les petits se disposent en étoile au fond du nid. Quand un parent arrive avec de la nourriture, seul l'oisillon qui se trouve en face de l'entrée du couloir réclame de la nourriture. Ensuite l'étoile tourne, un nouvel oisillon se trouve face à l'entrée, et lui seul recevra la nourriture qui arrivera et ainsi de suite… Chacun attend son tour sagement.
Et tenez-vous bien! En cas d'indiscipline d'un des petits, les autres se chargent de le rappeler à l'ordre par des coups de bec! Avec le temps, la discipline se relâche cependant.

. DES OISEAUX TRES PROPRES! Surtout pendant la nidification (car les fientes s'accumulent au fond du nid), les martins pêcheurs peuvent passer 2h par jour à leur toilette. Ils plongent dans l'eau à plusieurs reprises, et ensuite étirent leurs ailes, lissent leurs plumes et baillent.

Dans les branchages.

Texte et recherche documentaire: Louis Ernest Pancrate et JMS.
Photos: Louis Ernest Pancrate, prises au parc Nord des Ulis.
Groupe J'AIME LE PARC NORD.
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